L’intérêt envers les cryptomonnaies est avant tout spéculatif, souligne Hendrix Vachon, économiste principal chez Desjardins.
Par Myriam Gauthier, Le Quotidien, Initiative de journalisme local
Les cryptomonnaies permettent de réaliser des transactions, sans passer par la validation d’une institution financière. Les échanges se font à partir de registres décentralisés, qui sont validés à partir de calculs réalisés par des serveurs reliés à un réseau mondial.
Les cryptomonnaies comme le bitcoin sont cependant encore peu utilisées pour l’achat de biens, par exemple. « En réalité, la plupart des gens qui en achètent, ce n’est pas pour l’utiliser pour faire une transaction au jour le jour, expose Hendrix Vachon. Ils les achètent en espérant que le prix continue de monter. Donc, ils l’utilisent dans un but spéculatif et non d’échange. »
L’économiste préfère ne pas utiliser le terme monnaie pour parler des cryptomonnaies, qui n’ont pas de cours légal. « Une bonne monnaie, une vraie monnaie, il faut que ce soit stable », illustre-t-il, alors que les fluctuations des cryptomonnaies sont importantes.
Les cryptomonnaies représentent à ses yeux de « faux actifs ». « En réalité, c’est rien, t’achètes du vide quand tu achètes ça », souligne-t-il.
La technologie liée au système de registre décentralisé des échanges représente toutefois un potentiel intéressant, estime-t-il, alors que le déploiement de cette technologie suscite de plus en plus d’intérêt pour les monnaies nationales, afin de réduire les intermédiaires et les frais de transaction.
« C’est pas mauvais, cette technologie-là, c’est de voir ce qu’on en fait, soulève-t-il. Est-ce qu’on veut juste spéculer ou on veut l’utiliser pour échanger de quoi qui est quelque chose d’utile ? »
Le développement d’une base industrielle de centres de minage de cryptomonnaie peut en ce sens représenter un intérêt selon l’économiste, alors que ces centres pourront être mis à profit pour ces nouveaux usages. « Mais il faut quand même aller avec modération, pas se dire qu’on va à un moment donné utiliser 20 %, 30 % de notre énergie, juste pour faire du minage, pointe-t-il. Je ne pense pas qu’on serait gagnant. »
