Le gel imminent de la culture de Jean-Philippe Zukowski et Karine D’amours n’était pas un prétexte pour qu’ils laissent des centaines de tomates se gaspiller. Les propriétaires des Jardins d’Émalia, à Cookshire-Eaton, ont plutôt lancé un appel à tous, la semaine dernière, pour voir s’ils trouveraient des gens intéressés à venir les cueillir gratuitement. Qu’à cela ne tienne, c’est près de 500 lb de tomates dont ils ont finalement fait don à la communauté. 

Après avoir publié un message sur Facebook expliquant que ses tomates en champ ne survivraient pas au gel du week-end, mercredi soir dernier, M. Zukowski a reçu de nombreux messages.

« Les tomates étaient soit vertes, soit partiellement mûres. Nous n’avions pas de marché pour ça. Nous avons préféré les donner à ceux qui voudraient venir les cueillir, parce que nous n’avions pas le temps ni les ressources pour le faire nous-même », explique celui qui, tout comme sa conjointe, concilie une production maraîchère, un emploi à temps plein et l’éducation de deux jeunes enfants.

« Je pensais ouvrir mon champ jeudi et vendredi avant-midi, et finalement, jeudi avant-midi, tout avait été ramassé, raconte l’agriculteur. Ça s’est vraiment bien passé. Ça a été une bonne chose, parce que dans la nuit suivante, il y a eu un gel qui n’avait pas été annoncé. »

Au moins cinq citoyens sont passés pour faire mûrir les tomates chez eux ou les transformer, tandis qu’environ 250 lb ont été remises à Moisson Cookshire, grâce à une équipe venue ramasser pour l’organisme et assistée par M. Zukoswki. Celles-ci seront redistribuées à des familles en situation d’insécurité alimentaire.

Les entrepreneurs ont aussi reçu de petites contributions, laissées volontairement par quelques particuliers.

« Quand nous avons lancé notre entreprise, c’était pour nourrir la planète avec de bonnes choses. Nous aimions mieux donner que gaspiller », explique M. Zukoswki, qui termine sa première saison en tant que maraîcher.

Lui et sa conjointe ont fait l’achat de cette terre à quelques minutes de leur domicile, il y a un an et demi, pour y faire la culture de différents végétaux et démarrer tranquillement leur projet de préretraite. Malgré une saison difficile marquée par la sécheresse, ils ont notamment approvisionné les restaurants Auguste et l’Antidote FoodLab de Sherbrooke cet été, grâce à leurs cultures de variétés de tomates atypiques.

« L’an prochain, nous aurons une deuxième serre qui sera plus grande en plus d’être autonome en eau et en électricité. Nous aurons aussi une petite pépinière sur le terrain, et nous allons vendre des arbres fruitiers et des plants potagers en serre », affirme-t-il.