Un deuxième confinement généralisé, comme celui connu au printemps dernier, risquerait de porter un coup fatal aux petites et moyennes entreprises (PME) québécoises, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
À lire aussi: COVID-19 : des fermetures d’entreprises inévitables et une économie en transformation dans le Roussillon
Selon les données de sondage recueillies par l’organisation, la moitié des PME au Québec ne survivraient pas facilement à une deuxième vague de restrictions.
«Les PME peinent toujours à se remettre des mois de confinement qu’elles ont vécus. Ce sont 70 % d’entre elles qui n’ont toujours pas retrouvé leur niveau normal de ventes et plus du tiers qui rapportent perdre de l’argent tous les jours, affirme François Vincent, vice-président Québec à la FCEI. Si nous mettons tout le Québec sur pause, une fois encore, nous risquons de faire très mal à notre économie.»
Depuis le début de la pandémie, les propriétaires d’entreprise se sont activement investis pour limiter la propagation du virus. La FCEI rappelle à cet effet que:
- La grande majorité des propriétaires de PME au Canada (79 %) sont allés au-delà des directives de santé publique de leur province pour protéger leurs employés et leurs clients.
- 90 % de ceux qui dépendent de la vente en magasin trouvent qu’il est plutôt facile de limiter le nombre de clients à l’intérieur des commerces.
- 86 % des commerçants canadiens, dont le modèle d’entreprise permet de proposer d’autres pratiques, comme la livraison à domicile et le ramassage en bordure de rue, offrent à leurs clients ces alternatives.
- Les propriétaires de PME ont investi des sommes importantes pour adapter leur entreprise aux nouvelles directives.
Dans une lettre acheminée le 7 décembre au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, la FCEI recommande de:
- Justifier les restrictions ou fermetures avec des données de santé publique.
- Traiter toutes les entreprises équitablement et éviter que la fermeture des petites entreprises ne soit un avantage pour les grandes surfaces et les géants du Web.
- Continuer d’autoriser les activités commerciales en personne.
- Consulter le milieu avant d’imposer des mesures de confinement.
- Indemniser entièrement les petites entreprises en période de restrictions.
La FCEI a réitéré à plusieurs reprises l’importance d’aider les PME qui vivent les restrictions imposées et celles pour lesquelles les ventes ont chuté, comme les entreprises du secteur de l’événementiel. Elle a aussi rappelé l’importance de ne pas augmenter les cotisations, les impôts ainsi que toute charge pour les entreprises. Elle demande au gouvernement du Québec de faire preuve d’une grande sensibilité à l’égard des entrepreneurs et de poser maintenant les actions supplémentaires nécessaires pour les aider à traverser la crise.
«Si nous souhaitons que nos PME continuent d’être la source de vie de nos quartiers, il faut à tout prix faire confiance à leurs propriétaires. Il faut les inclure dans la solution plutôt que de les obliger à fermer leurs entreprises.»
-François Vincent

