Travailleurs étrangers temporaires : 50% des dépenses remboursées

Travailleurs étrangers temporaires : 50% des dépenses remboursées
(Photo : Tim Mossholder - Unsplash)

Un texte de Caroline Morneau – Collaboration spéciale de La Terre de chez nous

Tous les employeurs de travailleurs étrangers temporaires (TET) ont fait face à des contraintes difficiles cette année. Pour amoindrir les impacts de la crise, le gouvernement fédéral a récemment annoncé que 50% des dépenses assumées par les producteurs pour assurer la sécurité de leurs employés à la ferme seront remboursés, jusqu’à un montant maximum de 100 000$.

Par l’entremise du Fonds d’urgence pour les mesures de soutien à la ferme, un programme de 35 M$ à l’échelle canadienne visant à soutenir les agriculteurs qui embauchent un grand nombre de travailleurs et qui doivent adapter leurs installations, avait déjà été annoncé en juillet. De cette enveloppe, on sait maintenant que 7,5 M$ sont destinés aux producteurs du Québec.

«On voit ça comme un début», a réagi le président de l’Union des producteurs agricoles Marcel Groleau, selon qui les coûts reliés à la pandémie ont été «très importants» pour les agriculteurs cette année.

2% de la masse salariale

Les dépenses admissibles doivent contribuer à l’amélioration des infrastructures, des postes de travail et des logements temporaires ou d’urgence (à la ferme ou hors ferme). L’ajout d’équipements de protection – masques, stations de lavage, plexiglas – et toute autre mesure de santé et de sécurité visant à protéger les travailleurs peuvent par ailleurs être déclarés. Les producteurs ont le choix de se faire rembourser 50% des dépenses admissibles ou 2% des salaires déclarés par l’entreprise, sous certaines conditions.

«Ce qui est bien, c’est que les producteurs qui ont investi pour la sécurité des travailleurs, mais qui n’ont pas envie de retrouver toutes leurs factures ont aussi le choix de se faire rembourser 2% de leur masse salariale. Ça fait moins de paperasse à remplir», mentionne Jocelyn St-Denis, directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec.

Les demandes seront acceptées par la Financière agricole du Québec à compter du 14 décembre, et ce, jusqu’au 26 février. Les dépenses devront avoir été faites entre le 15 mars 2020 et le 26 février 2021.

Des roulottes supplémentaires

Pascal Lecault, qui embauche 225 TET à sa ferme maraîchère située à Oka, dans les Laurentides, estime à 60 000$ le montant qu’il a déboursé cette année pour l’ajout de plexiglas, de désinfectant et pour le réaménagement des chambres à la ferme.

«On est contents de l’annonce, on va le prendre», lance-t-il.

Outre les dépenses qu’il a déjà faites, le copropriétaire des Jardins Végibec envisage d’acheter, avant la fin du programme, des roulottes pour loger des travailleurs l’an prochain qui s’ajouteront à l’espace dont il dispose déjà. Il doit d’abord vérifier si cette dépense est admissible. «On s’est débrouillé cette année pour loger les travailleurs à la ferme, mais ce n’était pas l’idéal. On veut plus d’espace pour l’an prochain, parce que la crise ne sera sûrement pas terminée», estime-t-il.

De son côté, Guy Pouliot s’est dit surpris de l’annonce. S’il avait su que cette aide serait offerte, ce producteur de fraises à l’île d’Orléans aurait investi davantage au printemps dernier pour l’aménagement de ses logements.

 

Prolongement du programme d’aide pour l’isolement

Les 7,5 M$ pour la sécurité des travailleurs s’ajoutent au Programme d’aide pour l’isolement obligatoire des travailleurs étrangers temporaires, déjà en place depuis le printemps. Celui-ci permet aux producteurs de recevoir jusqu’à 1500$ par travailleur pour couvrir les frais d’hébergement et les salaires pendant la quarantaine obligatoire de 14 jours. Ce programme a été prolongé jusqu’au 30 novembre.

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