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Tous les secrets du Prosecco Superiore-DOCG

jeudi le 16 décembre 2021
Modifié à 17 h 22 min le 18 décembre 2021
Par Jessica Harnois et Mariève Isabel

Bien des amateurs de vins connaissent le Prosecco Superiore, mais les différences entre Prosecco DOC et Prosecco Superiore DOCG peuvent facilement passer sous le radar des novices. Pour mieux comprendre l’appellation DOCG, nous vous invitons à plonger dans un univers rempli de bulles, avant de trinquer avec nous au Prosecco Superiore DOCG!

Là où le savoir s’est développé

Dans le Nord-Est de l’Italie, au cœur de la région où se font tous les Proseccos (DOC ou DOCG) italiens, se trouve une région qui va de la Vénétie, exhibant sa célèbre Venise, aux Dolomites, ces magnifiques montagnes austères, pointues et enneigées. C’est là que l’on retrouve les collines Conegliano Valdobienne où sont produits les Proseccos Superiore DOCG.

Aux Prosecco Superiore s’ajoutent deux déclinaisons : les Prosecco Superiore Rive (« Rive » voulant dire dans ce cas « pentes abrutes ») et Superiore di Cartizze, le « Grand Cru » de la région qu’on ne retrouve que dans une minuscule zone de 108 hectares (sur les 8712 hectares de l’appellation CV). Ces trois types de Prosecco Superiore DOCG sont au sommet de la pyramide des Prosecco, tant en termes de production et de superficie restreintes qu’en termes de qualité supérieure.

La région du Prosecco Superiore DOCG occupe une place particulière dans l’histoire de la viniculture en Italie. Si on y fait du vin depuis plusieurs siècles, c’est en 1876 à Conegliano qu’est fondée la toute première école d’œnologie au pays. Quelques décennies plus tard, en 1923, ce sera au tour de l’Institut expérimental de viticulture de s’y installer. Depuis, on y mène des recherches sur les terroirs, les cépages et les meilleures façons de produire ces mousseux reconnus dans le monde entier.

Des paysages dignes de l’UNESCO

Avec ses 15 communes produisant un peu plus de 92 millions de bouteilles, dont 97% sont des vins mousseux, cette région est aussi célèbre pour ses paysages qui lui ont valu une reconnaissance de l’UNESCO en 2019. Des siècles de labeur ont contribué à forger le paysage époustouflant de cette région, composé de de vallons aux pentes souvent abruptes où s’alignent de façon morcelée des hectares de vignes bien cordées.

Les vignerons ont transformé le paysage en construisant des terrasses appelées « ciglione » sur les terres les plus inclinées, et ce depuis le 16e siècle. Plutôt que de se servir de pierres, les viticulteurs ont opté pour l’herbe, qui prévient davantage l’érosion des sols tout en retenant suffisamment d’eau pour les ceps. On ne rigole pas avec les pentes; certaines atteindre un gradient de 70%. On qualifie alors les vendanges « d’héroïques »!

 

Le Prosecco Superiore DOCG      

Le Prosecco Superiore DOCG est habituellement btenu à partir de la méthode Charmat qui porte plusieurs noms : méthode italienne, méthode Martinotti ou encore en cuves closes. Après des vendanges manuelles, les raisins sont délicatement pressés, décantés puis fermentés avec des levures naturelles. La prise de mousse se fait en cuves closes (ou autoclaves), ce qui préserve au maximum les fins arômes du Glera.

Ce cépage, le Glera, est le roi incontesté de la région. Il doit constituer au moins 85% de l’assemblage, auquel quelques variétés autochtones peuvent être ajoutées. On utilise le Verdiso pour sa minéralité; le Bianchetta Trevigiana pour adoucir le vin lors des années plus froides; le Perera pour augmenter le caractère aromatique du vin; ou encore le Glera Lunga. Certains vitis vinifera (qui sont les cépages européens les plus connus) sont aussi autorisés pour les vins mousseux, soit le pinot blanc, le pinot gris, le pinot noir et le chardonnay. Les vins produits sont généralement autour de 11% d’alcool, parfois 12%.

Même si 97% des Prosecco Superiore sont mousseux, on retrouve différents styles de bulles ainsi qu’une toute petite production de vin tranquille. Les mousseux peuvent aussi être sur lies (l’équivalent d’un pétillant naturel ou « pet nat); on les appelle alors « Sui Lieviti ». Finalement, les frizzante aux bulles plus discrètes représentent l’essence même de la tradition régionale. On dit même que chaque famille produit encore aujourd’hui son vin frizzante dans les villages.

Extra brut ou extra sec ?

Du côté des sucres résiduels, mieux vaut bien lire l’étiquette si on préfère les vins secs. Se fier aux noms peut parfois porter à confusion, car le vocabulaire utilisé sur les étiquettes est parfois différent de celui avec lequel on est familier au Québec, particulièrement en ce qui concerne l’expression « sec ».

Extra Brut. Il s’agit de la version la plus contemporaine et la plus populaire du Prosecco Superiore DOCG. C’est le plus sec de tous, avec un taux de sucres résiduels se situant entre 0g et 6g au litre. Le fruit et le terroir y sont tous deux bien mis en valeur.     

Brut. Cette variété est la plus largement exportée dans le monde et aussi celle qu’on retrouve le plus à la SAQ (Société des alcools du Québec). On y retrouve des notes de citron mais aussi une touche herbacée, en plus d’un goût de pain croûté. Elle contient entre 0g et 12g de sucres résiduels au litre (par ailleurs très bien intégrés) et se boit merveilleusement bien au brunch, mais aussi à l’apéro ou encore avec des plats de poisson.

Extra sec. C’est ici qu’il faut être informé, puisque « Extra sec » dans les Proseccos Superiore DOCG ne correspond pas à l’idée que l’on se fait habituellement d’un vin « sec ». En effet, le taux de sucres résiduels se situe entre 12g et 17g au litre. Le style est différent, certes, mais élégant et frais, avec des notes de pommes et de poires et une pointe d’acidité. Il est parfait pour les fromages et les viandes blanches.

Sec. Cette dernière catégorie peut compter entre 17g et 32g de sucres résiduels au litre. C’est le moins commun des Prosecco Superiore DOCG, mais aussi le plus aromatique et le plus floral. Il convient de le servir très froid, idéalement à 6 degrés Celsius, avec des pâtisseries ou encore des mets asiatiques épicés pour une expérience différente.

Assurer la pérennité de la région et la qualité des vins

En 1962, un groupe de 11 producteurs de la région (principalement des coopératives) se sont réunis pour former une association appelée le Consortium pour la protection du Prosecco de Conegliano Valdobbiadene DOCG (Consorzio di Tutela del Prosecco di Conegliano Valdobbiadene). Le but était multiple : proposer un système de règles pour protéger la qualité et l’image des vins de cette région, réunir ses producteurs, mais aussi, avec le temps, faire la promotion de l’appellation.

Le consortium mène aussi des recherches avec les diverses écoles de viticulture de la région, en plus de se pencher sur certains dossiers comme le développement durable. Ainsi, depuis 2011, il publie un protocole pour aider les viticulteurs à adopter des pratiques plus durables. Depuis 2019, il fait aussi la promotion d’une certification durable, le SQNPI (Système national de qualité de production intégrée), qu’on reconnaît au logo orné d’une abeille. Leurs efforts ont payé, puisque la région bannit maintenant le glysophate, un pesticide dénoncé sur la scène internationale, mais dont l’utilisation est encore permise en Italie.

Finalement, assurer la pérennité de la région passe aussi, en ce 21e siècle, par l’œnotourisme. La route du Prosecco existe depuis 1966 et il s’agit de la toute première route des vins en Italie. Cent-vingt km de routes sillonnent les collines entre Conegliano et Valdobbiadene. Pour les plus braves, des sentiers de hiking sont aussi accessibles. Il ne faut pas non plus manquer la cuisine locale, incluant les charcuteries et les fromages à déguster, bien sûr avec un bon verre de Prosecco Superiore DOCG!

En attendant…

En attendant d’explorer la région, l’option de voyager liquide s’offre à nous! À la SAQ, vous trouverez présentement 18 cuvées Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG, incluant deux Cartizze, deux bio, un nature et quelques assemblages. Sur les 18, 16 se retrouvent dans la section « Cellier ».

Voici ce que nous avons pu dénicher pour vous. On ne vous promet pas qu’ils seront tous faciles à trouver, mais il y a encore des bouteilles disponibles dans l’inventaire de la SAQ en ligne.

1. Bisol Jeio Brut | 10g/L | 85% Glera, 15% chardonnay | 19,95$

2. Sommariva Brut | 10g/L | 100% Glera | 20,40$

3. Carpene Malvotti Brut | 8,1g/L | cépages non mentionnés | 17,55$

4.  Nino Franco Brut | 9,4g/L | Bio | 100% Glera | 22,40$

5. Bortolomiol 2020 Extra Sec | 16g/L | 100% Glera | 23,95$

6. La Farra 2019 Brut | 9.3g/L | 100% Glera | 19,85$

7. Santa Magherita Brut | 12g/L | 100% Glera | 19,20$

8. Canevel Campofalco Brut | 10g/L | Bio | 90% Glera, 10% Verdiso | 30,75$

9. Bisol Crede Brut 2019 | 6.5g/L | 85% Glera, 10% pinot blanc, 5% Verdiso | 22,20$

10. Daldin Extra Sec | 16g/L | 100% Glera | 24,05$

11. Silvano Follador Extra Brut 2020 | < 6g/L | 100% Glera | 32$

12. Ca’Dei Zago Extra Brut 2020 | < 1,2g/L | Nature | 90% Glera, 10% Verdiso | 29,05$ | Bientôt disponible – gardez l’œil ouvert!

13. Bisol Jeio Brut | 9,3g/L | 85% Glera, 15% autre | 21,25$ | 91 points – James Suckling

14. Umberto Cesari Tenuta Lovia Brut | 7,9g/L | 100% Glera | 29,90$

15. La Marca Luminore Brut | 11g/L | 100% Glera | 35,00$

16. Malibràn Ruio Brut 2018 | 7,5g/L | 100% Glera | 21,75$

Et pour finir, les deux Cartizze :

17. Villa Sandi Vigna La Rivetta Valdobbiadene di Cartizze 2017 | g/L non disponible | 100% Glera | 58,25$

18. Bisol Cartizze 2017 | g/L non disponible | 100% Glera | 49$

 

Sur ce, bonne chasse au trésor et bon voyage!

 

Cet article a été rendu possible grâce au concours du Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG