Tantale et la tentation du sud

René Vézina, chroniqueur économique
Tantale et la tentation du sud
Carte des États-Unis et du Canada. (Photo : Depositphotos)

Vous parlez d’une déveine! La valeur du dollar canadien n’a pas été aussi élevée depuis près d’un an par rapport au dollar américain (0,76 $), mais il est devenu très compliqué de traverser la frontière, autant pour passer quelques jours à New York que quelques mois en Floride.

C’est une version moderne du supplice de Tantale.

Dans la mythologie grecque, le mécréant Tantale, affamé, voit autour de lui de beaux arbres pleins de fruits appétissants… mais il a été condamné pour l’éternité à ne jamais réussir à les cueillir. C’est ce qui nous arrive.

Dans un monde idéal, nous pourrions profiter de ce meilleur pouvoir d’achat lors d’une plus ou moins longue virée de l’autre côté de la frontière.

Habituellement, des dizaines de milliers de Québécois prennent le chemin des Adirondacks pour passer la longue fin de semaine de l’Action de grâce à New York. Encore faudrait-il que, cette année, la frontière soit ouverte pour les voyages d’agrément. Et de toute évidence, même en octobre, elle ne le sera probablement pas.

De toute façon, qui voudrait avoir à s’isoler pendant 14 jours pour 3 jours passés à l’étranger?

C’est encore plus embêtant pour les centaines de milliers de snowbirds. Les déplacements prolongés vers le Sud se planifient en septembre ou en octobre. Mais que faire cette année?

Les propriétaires d’une résidence secondaire en Floride, en Arizona, au Mexique, en République dominicaine ou ailleurs en Amérique latine peuvent toujours faire valoir leurs droits et se rendre chez eux. Mais il devient alors très important de vérifier les clauses des polices d’assurance-santé conventionnelles. La plupart stipulent expressément qu’elles ne couvrent pas les contrecoups d’une infection à la COVID-19. Il est alors avisé d’en ajouter une nouvelle taillée sur mesure, par la Croix Bleue ou autre.

Sans compter l’obligation de se confiner pendant 14 jour au retour, cette situation risque forcément de compliquer les réunions familiales dans le Sud à l’occasion du temps des fêtes. Qui partira avec ses enfants pour retrouver ses parents ou ses grands-parents dans ces conditions?

On comprend que la pandémie ne durera pas éternellement. Les plus récentes statistiques font état d’un solide redressement de l’économie nord-américaine, et si, comme prévu, on nous propose un vaccin efficace dans les prochains mois, les contraintes entourant les déplacements vont progressivement s’atténuer.

Quand? Pour le savoir, aussi bien parier en lançant une paire de dés.

Mais courage. Comme disait l’autre, ça va bien aller…

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