Selon Guillaume Lavoie : les cyclistes aussi contribuent à l’économie

Pour Guillaume Lavoie, un cycliste est un consommateur qui dépense dans les commerces de proximité. (Photo : Le Reflet – archives)
Selon le conférencier Guillaume Lavoie, les cyclistes peuvent davantage augmenter les ventes des commerces locaux. Il constate une «angoisse profondément légitime» chez certains commerçants quant au milieu du vélo, alors que ce dernier peut plutôt être à leur avantage.
M. Lavoie a tenu une conférence sur la véloéconomie, soit les retombées du vélo selon Vélo Québec, lors d’un événement du commerce du Roussillon, organisé par la MRC, le 17 mars.
«L’opposition la plus importante vient des commerçants, surtout sur les rues commerçantes du développement économique et cette espèce d’adéquation, c’est ça qui va créer de l’insécurité», s’est-il exprimé, en début de conférence.
«Le discours que je souhaite est le discours qui va répondre à leurs enjeux, a-t-il renchéri. À la fin, les commerçants ne sont pas pour les voitures et contre les vélos, ils sont pour les portefeuilles bien remplis et les plus pesants.»
Le conférencier Guillaume Lavoie. (Photo : tirée de Facebook – MRC de Roussillon)
Guillaume Lavoie a mentionné qu’il y a environ 600 km de piste cyclable en Montérégie, dont 150 km dans la MRC de Roussillon ; des statistiques qui positionnent «bien» la région pour la véloéconomie.
Avec des infrastructures cyclables de qualité, cela permettrait non seulement d’augmenter les ventes dans les commerces, mais aussi de créer une diminution des commerces vacants, a-t-il dit.
«Quand je disais que vous avez un avantage exceptionnel en Montérégie, c’est que vous avez une infrastructure [cyclable] en site propre qui est incroyablement vaste, a-t-il fait savoir. Le deux tiers des cyclistes, surtout ceux qui veulent y aller en visite ou en tourisme, disent : si moi, ce n’est pas du site propre, ça ne m’intéresse pas.»
M. Lavoie a indiqué que les cyclistes achètent moins, mais viennent plus souvent, une clientèle qui peut rapporter à peu près 24% de plus dans les caisses des commerces de proximité.
«Il y a une grande règle en commerce qui dit que plus que le client se déplace lentement, plus il y a des chances qu’ils dépensent dans mon commerce, a-t-il spécifié. Il est beaucoup plus facile en voyant quelque chose d’arrêter rapidement quand je suis en vélo que lorsque je suis en voiture.»
Revoir le stationnement
Guillaume Lavoie a indiqué que les espaces de stationnement proches des commerces devraient tenir compte «du nombre de portefeuilles», qui comprend des clients cyclistes, plutôt que du nombre de voitures.
Il a également mentionné que les supports de vélo sont des installations à revoir et qu’il devrait y avoir davantage de stationnements à vélo à «haute sécurité», alors que des vélos peuvent coûter des milliers de dollars.
«Si les cyclistes sont à côté, ils peuvent installer leur vélo dans les supports à vélo, a-t-il expliqué. Mais peut-être moins s’ils vont à un restaurant. Il devrait y avoir des stationnements à haute sécurité.»
Les avantages
Selon Guillaume Lavoie, le tourisme à vélo est le plus intéressant puisque le budget des cyclistes est toujours le même et que leur tournée s’arrête lorsqu’ils «n’ont plus d’argent».
«Les personnes qui font du tourisme à vélo mangent plus et peuvent prendre le menu dégustation avec du vin, a-t-il évoqué. Leurs dépenses vont être locales. En auto, il y a de l’argent qui va dans le gaz.»
Voix dans la région
À la période de questions d’après conférence, le conseiller Denis Girard a laissé entendre que la Ville de La Prairie souhaite développer davantage l’accès à des commerces par des pistes cyclables, sur le chemin Saint-Jean et le boulevard Taschereau.
Toutefois, il a dit que la Municipalité a besoin d’un coup de main des paliers supérieurs, comme le ministère des Transports et de la Mobilité durable.
«En ce moment, je ne me promènerais pas en vélo sur le boulevard Taschereau, je trouve ça très dangereux, s’est-il exprimé. Ça amène les gens par conséquent à prendre la voiture pour aller au Dix30.»
Pour sa part, Martin Bécotte, impliqué dans le mouvement Réseau cyclable Châteauguay, a parlé de créer une initiative pour réduire le nombre d’automobiles par ménage et de développer davantage d’alternatives de transport en commun et de pistes cyclables.
Louis Desgroseillers, président de l’érablière Domaine Labranche à Saint-Isidore, quant à lui, a mentionné qu’il voudrait davantage attirer la clientèle à vélo.
Il a pensé faire de la promotion en ce sens sur le site Web de l’entreprise familiale ou encore de voir avec des associations pour attirer les cyclistes; Guillaume Lavoie s’est montré en accord avec ses idées.