Chroniqueurs
Trucs pour investir à la bourse

Protéger son capital financier et son capital mental

jeudi le 12 mai 2022
Modifié à 14 h 55 min le 11 mai 2022
Par Hugo Bélanger

hugo@hugobelanger.com

Un bon investisseur boursier regarde entre 150 et 500 graphiques de compagnies par semaine.

À la Bourse, quand ça va «ben», ça va «ben»! On fait de l’argent comme de l’eau; on se sent un génie de la finance. On donne des leçons à tous; on se trouve très brillant.

Mais quand le vent tourne, et qu’on n’a pas respecté nos règles de vente, ça va mal. Et quand ça va mal, ça va mal. Tout fond. Autant notre capital financier que notre capital mental.

Il faut protéger les deux également. Mais comment faire diantre?

Premièrement, accepter que le marché a toujours raison, et ne jamais le combattre.

Accepter que si on perd, c’est toujours nous-même le coupable. Mettre la faute sur les autres est la pire des attitudes (autant dans la vie qu’à la Bourse en passant).

Accepter qu’on a raison moins de 50% du temps, ce qui veut dire qu’on vend à perte plus souvent qu’autrement. Mais les titres qui nous permettent de faire des profits doivent compenser nos petites pertes.

Accepter d’être sur les lignes de côté, de ne pas être investi. Quand le marché est en baisse ou quand on ne voit rien de bon dans celui-ci, on vend tout et on va jouer au golf (ou faire du ski l’hiver!).

Il faut avoir des règles claires pour choisir nos titres, choisir le nombre de titres qu’on a en même temps et aussi avoir des règles claires pour choisir le moment d’achat et le moment de vente.

Ça prend plus de 7 ans à un comptable pour être bon, 10 ans à un médecin et que dire des athlètes olympiques? La Bourse, c’est très difficile. Il faut avoir passé par tous les cycles (marchés haussiers, quand ça va bien, des grandes rotations, un marché baissier, des crashs, etc.) pour avoir des perspectives historiques. Cela ne s’achète pas.

Un bon investisseur boursier regarde entre 150 et 500 graphiques de compagnies par semaine. Ça prend du temps.

Ne jamais écouter une personne qui ne sait pas analyser un graphique, que ce soit le chroniqueur qui se pense très intelligent ou un «vendeux» de fonds mutuels. Personne n’ira jamais voir un cardiologue qui prendre seulement le poids de ses patients. C’est la même chose à la Bourse, tout passe par les graphiques (prises de sang et électrocardiogrammes pour poursuivre l’analogie avec le cardiologue).

Quand on n’est pas sûr, on ne fait rien. Il faut protéger notre confiance en soi qui peut se fragiliser très rapidement à la Bourse…

Trucs de pro 

Je vais désormais terminer mes chroniques avec un truc de pro. Un des meilleurs indicateurs est, selon moi, la force relative de l’action (relative strength). Vous pouvez l’ajouter sur vos graphiques à partir d’un site gratuit comme Tradingview.

Prenez un indice de référence simple comme le S&P500 ou le Nasdaq si vous êtes plus technologique et comparez la performance d’une action en relation avec votre indice de référence. Vous arriverez à quelques constats. Par exemple: si le S&P500 prend 2% dans une journée et que votre action en prend 6%, elle est donc très forte. À l’inverse, si le S&P500 perd 2% et que votre action perd 4%, elle est faible.

Toutefois, le point le plus intéressant est quand une correction est en cours à la Bourse. Disons que le S&P500 perd 10% en un mois, et que votre action demeure stable en prix, elle est donc très forte. Elle risque de ressortir en fusée une fois la correction terminée. Vous pouvez regarder cet indicateur par jour, par semaine ou par mois. Vous distinguerez facilement les actions qui résistent au changement de marché, soit celles qui ont encore les piles bien pleines.

Cette image indique le cours de l’action d’AMD depuis fin août 2021 avec en bas l’indicateur relative strength en référence au Nasdaq.