Chroniques

Montréal aurait bien besoin d’un vaccin contre la COVID-19

mercredi le 20 janvier 2021
Modifié à 8 h 46 min le 20 janvier 2021
Par Hélène Gingras

[caption id="attachment_2906" align="alignleft" width="212"] René Vézina[/caption] La pandémie a des effets dévastateurs sur la population des grandes villes canadiennes, mais les banlieues en profitent. Et Montréal ne fait pas exception au phénomène. On s’en doutait, et c’est ce que viennent de confirmer deux rapports publiés coup sur coup par Statistique Canada (Statcan) et l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). De juillet 2019 à juillet 2020, selon Statcan, les pertes migratoires pour les régions métropolitaines (RMR) de Toronto et de Montréal, notamment, n’ont jamais été aussi élevées: 50 375 et 24 880 personnes ont respectivement quitté les deux métropoles. Et c’était avant que de nouvelles mesures strictes de confinement, incluant le télétravail, ne soient imposées à l’automne 2020. On parle bien ici de déplacements permanents, c’est-à-dire de gens qui ont choisi de déménager corps et biens. La pandémie n’a fait qu’accentuer une tendance déjà perceptible. L’accès à la propriété est devenu difficile dans les grandes villes où les prix de l’immobilier ont explosé. La circulation y est devenue toujours plus lourde et le temps perdu dans les bouchons ne cesse d’augmenter. À l’inverse, les services de toutes sortes sont de plus en plus nombreux et diversifiés en périphérie. Ajoutez ce mouvement vers le télétravail et vous avez l’équation parfaite pour un déplacement vers les banlieues. Au Québec, dit l’ISQ, ce sont, dans l’ordre, les régions des Laurentides, de Lanaudière, de l’Estrie et de la Montérégie qui en ont le plus bénéficié. Dans ce dernier cas, la croissance de la population s’est élevée à 12,3 % de juillet 2019 à juillet 2020. C’est considérable. Et la mise en service prochaine du REM, sur la Rive-Sud, va consolider sa position. Oui, il faut s’attendre à des délais, précise Harout Chitilian, vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour la division CDPQ Infra. Mais malgré les retards causés par la pandémie au printemps 2020, les travaux vont bon train et les premiers trains devraient faire le trajet vers le centre-ville de Montréal vers le deuxième trimestre de 2022 ou quelques mois plus tard. Les résidents de la Montérégie seront alors en bonne position: ils pourront se rendre au boulot sans être empêtrés dans le trafic et en revenir sans encombre. De quoi rendre encore plus agréable la vie en banlieue. Mais il faudrait surtout éviter de se réjouir des difficultés de Montréal. Les grandes agglomérations en santé ont toujours pu compter sur la vigueur des centres-villes. Si ces derniers dépérissent, avec l’ensemble des services qu’ils sont en mesure d’offrir, c’est tout l’ensemble qui risque d’en souffrir. Il faudra bien un jour arriver à un nouvel équilibre et ce n’est qu’un des défis qui va se poser le jour pas trop lointain, espérons-le, où la vie reviendra à la normale.

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