Rareté de main-d’œuvre, évolution des technologies numériques, imposition d’une surtaxe; les défis sont actuellement nombreux pour l’industrie de la métallurgie au Québec.
Le 4 octobre, les États généraux de la métallurgie ont rassemblé à Boucherville plus de 200 dirigeants et organismes partenaires de l’industrie afin de porter un regard complet sur les défis du secteur.
«L’objectif est d’assurer qu’il y ait une concertation sur le plan d’action à adopter, non pas uniquement sur les enjeux de main-d’œuvre, mais plus largement sur les enjeux qui concernent l’ensemble de l’industrie, avance la directrice générale du Comité sectoriel de main-d’œuvre de la métallurgie au Québec (CSMO-M) Marie-France Charbonneau. On pense que c’est utile pour l’industrie d’avoir au moins une fois par trois ans l’occasion de faire le point sur l’état de situation et de se propulser un peu dans l’avenir.»
La relève tourne le dos au secteur manufacturier
Représentant plus de 20 300 emplois, l’industrie de la métallurgie fait face à un défi majeur depuis plusieurs années; le manque de main-d’œuvre.
«C’est l’enjeu que toutes les industries québécoises vivent, bien au-delà de la métallurgie, précise Marie-France Charbonneau. Mais le secteur manufacturier est beaucoup touché parce que le manque de relève est criant.»
Les efforts de l’industrie visent à favoriser la formation de la main-d’œuvre afin de s’assurer qu’elle soit bien accompagnée durant cette période de changements qui s’amorce.
«Au lieu de prendre les défis comme des éléments de menace, on veut tourner ça en opportunité pour l’industrie de moderniser graduellement ses approches. La formation liée à l’introduction des nouveaux équipements et des nouvelles technologies sera priorisée afin de s’assurer qu’on accompagne la main-d’œuvre actuelle durant cette période de transition vers ce qu’on appellera l’industrie du futur.»
Une transition à prévoir
L’avènement de «l’industrie du futur» en métallurgie comportera bien entendu une période d’adaptation. Le thème des États généraux de cette année était justement l’intégration du numérique. Le rassemblement a permis de jeter les bases des positions de l’industrie pour les prochaines années.
Face aux nombreux défis auxquels ils sont confrontés, les acteurs du secteur en sont arrivés à une piste de solution pour se renforcer par rapport aux enjeux stratégiques. La conclusion des États généraux: miser sur des collaborations plus formelles à l’interne.
«L’idée de développer davantage de partenariats au Québec est vraiment sortie très fortement, ajoute la directrice générale du CSMO-M. Ce qui se passe aujourd’hui dans l’industrie de l’aluminium au Québec oblige un peu le marché à se concerter et à travailler en collaboration, surtout pour valoriser davantage les PME qui sont ici», conclut-elle.
