Les tisanes TheHealTea veulent percer le marché des prêts-à-boire

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Par Audrey Leduc-Brodeur
Les tisanes TheHealTea veulent percer le marché des prêts-à-boire
Francesco Mancuso, Leila Keirns et Pascal Francoeur sont les fondateurs de TheHealTea. (Photo : Robert Côté)

Trois amis de la Rive-Sud ont entrepris de révolutionner le marché des boissons sucrées avec leurs tisanes biologiques à base d’herbes méconnues et de sirop d’érable de la marque TheHealtea. Puisqu’ils ont à cœur de respecter leurs critères de production hors norme, Leila Keirns, Francesco Mancuso et Pascal Francoeur font face à des défis de taille.

Racontez-moi d’abord la genèse de l’entreprise.

Francesco Mancuso On a eu l’idée par hasard! J’ai goûté à du kombucha et, honnêtement, j’ai détesté. J’ai commencé à penser à une alternative pour offrir une boisson qui a les mêmes bénéfices pour la santé et les mêmes valeurs nutritives. J’ai fait des recherches et je suis tombé sur des tisanes à base de plantes qui sont rarement utilisées. À partir de là, nous avons développé trois saveurs qui reflètent trois bienfaits différents, soit l’ortie et le romarin pour l’hydratation, la menthe et le pissenlit pour ses vertus diurétiques et le gingembre et la camomille pour la digestion. J’ai ensuite commencé à réfléchir sur la façon de commercialiser ces produits. J’ai soumis l’idée à Leila et Pascal. Nous avons travaillé pendant sept mois avec la firme agroalimentaire Cinthec pour former de nouvelles tisanes.

Comment cette firme vous-a-t-elle aidés spécifiquement ?

F.M. Nous devions avoir une recette valable pour le marché et qui puisse bien se conserver pour la vente. Ils nous ont aidés avec le dosage des plantes et du jus de citron, notamment, ainsi que l’aspect chimique de la fabrication.

Leila Keirns Ce sont des ingénieurs alimentaires. Ils ont pris la recette qu’on concoctait à la maison et l’ont décuplée en gros format. Ils l’ont transposée dans la chaîne de production alimentaire.

Vous avez fait des essais de recettes à la maison ?

F.M. Je suis propriétaire d’un restaurant. Pendant sept mois, je faisais les tests dans ma cuisine. J’ai essayé d’intégrer différentes plantes, comme l’artichaut, par exemple. Au final, il fallait que le goût soit bon. On fait un prêt-à-boire santé qui est plaisant à boire aussi! Ç’a pris au moins six mois avant de trouver la bonne combinaison de goût et de bienfaits pour la santé.

Faites-vous face à des défis en raison de votre mode de production et de votre choix d’ingrédients ?

F.M. C’est évident que les agents de conservation donnent une facilité énorme dans le domaine. Environ 80% des boissons sur le marché sont à base d’ingrédients artificiels. Il n’y a aucun additif dans nos tisanes. C’est difficile pour la durée de vie du produit, pour la fabrication et, surtout, pour trouver une personne qui est capable de produire le breuvage selon nos critères. Parmi les producteurs que nous avons rencontrés, la plupart n’était pas prêt à respecter notre recette de base. Ça aurait été facile de choisir des ingrédients artificiels, mais on ne se serait pas distingué sur le marché.

Aussi, nous avons décidé d’opter pour l’infusion à froid, ce qui s’est avéré un autre défi, puisque chaque plante a une microbiologie particulière. Nous avons un procédé spécial pour le faire.

Où avez-vous trouvé un producteur pour la fabrication de vos tisanes ?

L.K. Nous avons récemment dû changer de lieu, puisque l’usine où nos produits étaient fabriqués à Sherbrooke a fermé. Les nouveaux propriétaires n’ont pas voulu produire notre breuvage selon nos critères. Nous avons cherché un peu partout au Québec, sans succès. Nous avons finalement trouvé un producteur à Mississauga, en Ontario. Ça va super bien. Il est capable de produire pour toutes les grandes chaînes et selon toutes les certifications nécessaires pour l’exportation, par exemple. Le produit continue d’être fabriqué au Canada et environ 98% des bouteilles sont vendues au Québec.

F.M. On avait une idée de la façon qu’on voulait que ça se passe. Par exemple, c’était important que ce soit dans des bouteilles en verre plutôt qu’en plastique. Tu dois connaître les bonnes personnes qui vont vouloir t’aider, mais souvent ces personnes sont elles-mêmes dans le domaine de l’agroalimentaire, alors l’aide est difficile à obtenir. Nous sommes heureux du résultat. En termes d’agroalimentaire, Mississauga est la capitale de production en Ontario.

Est-ce que la compétition est forte ?

F.M. Absolument. Dans les prêts-à-boire, il y a en pour tous les goûts. Notre créneau, c’est le thé glacé sans caféine fait à base de plantes. Il y a déjà plusieurs choix qui s’offrent aux clients. On voulait donner un produit santé sans trop s’éloigner du goût original du thé glacé.

L.K. Donner ce que les gens s’attendent à boire quand ils achètent un thé glacé. On ne veut pas que le goût soit trop bizarre, même si nos plantes sont marginales.

F.M. On se bat contre les boissons sucrées. Notre avantage est que le sirop d’érable est un sucre naturel et qu’il se trouve en petite quantité. On est heureux d’utiliser un sucre de chez nous.

L.K. Et c’est un sucre qui n’est pas vide en calorie. Il a des minéraux. Ce n’est pas juste de l’eau avec du sucre qui a du goût!

F.M. Nos produits sont entièrement biologiques. On considère que nos prix de vente sont concurrentiels. Présentement, les fournisseurs d’ingrédients biologiques nous offrent des bons prix.

Est-ce difficile de trouver de l’aide pour démarrer une entreprise ?

L.K. Oui! Que ce soit de l’aide pour trouver des usines de production, pour embaucher au moins un employé ou pour la commercialisation et le marketing. Ce n’est pas facilement accessible. Nous avons reçu un prêt de 45 000$ de la MRC de Roussillon. Nous l’avons investi dans la production, la promotion et l’achat des ingrédients. Nous avons aussi partagé les frais de recherche et développement avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Ç’a été un gros coup de main parce que c’était une grande dépense à faire dès le départ.

F.M. Futurpreneur a aussi été notre premier partenaire financier. Ils nous ont aidés dans nos démarches financières et nous ont fourni les services d’un mentor.

Quels sont vos objectifs à long terme ?

L.K. En ce moment, nous réussissons à être présents dans plusieurs points de vente, mais les dépanneurs sont encore difficiles à percer.

F.M. Les géants comme Pepsi et Coke payent pour avoir des places bien visibles dans les commerces. Les autres grandes chaînes de restauration ont déjà des contrats avec ces entreprises. Alors, on se concentre sur les chaînes de produits naturels.

L.K. On veut continuer de développer le marché au Québec, puis percer le reste du Canada.

Les tisanes TheHealTea

-Trois saveurs disponibles, soit menthe et pissenlit, ortie et romarin et gingembre et camomille;

-Une bouteille se vend 2,99$ dans les commerces et 2,79$ en épicerie;

-Les ingrédients sont 100% biologiques;

-Environ 250 points de vente, dont plus de 25 sur la Rive-Sud de Montréal.

 

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