Tandis que les pertes de revenus et les difficultés économiques liées à la pandémie persistent au Québec, des signes indiquent que les facteurs de stress financiers de 2020 seront encore d’actualité en 2021.

L’indice trimestriel des dettes à la consommation de MNP révèle que près de la moitié (45 %) des Québécois pensent ne pas pouvoir couvrir leurs dépenses courantes dans la prochaine année sans s’endetter davantage, une hausse de 12 points depuis septembre dernier. En comparaison aux autres provinces, les Québécois sont les plus susceptibles à se dire préoccupés par leur niveau d’endettement actuel (45 %, +6 points). Ils sont aussi nombreux à regretter la quantité de dettes qu’ils ont contractées (45 %, +6 points).

«La crise du coronavirus a fait son entrée dans notre vie depuis près d’un an, et les inquiétudes face à l’endettement ne cessent d’augmenter. L’anxiété est notamment répandue chez les personnes qui ont perdu leur emploi, connu une baisse salariale ou été touchées par la fermeture d’une entreprise, affirme Frédéric Lachance, syndic autorisé en insolvabilité chez MNP Ltée. Toutefois, notre recherche indique que la pression s’accentue chez presque la moitié de la population québécoise.»

Le sondage démontre que près du quart des Québécois (24 %) ont contracté plus de dettes en raison de la pandémie. Entre autres, ils ont fait usage d’une carte de crédit (14 %) ou d’une marge de crédit (7 %) pour payer les factures, emprunté auprès de leurs proches (7 %), demandé un prêt bancaire (3 %) ou opté pour un prêt sur salaire (3 %).

«Le bien-être global se reflète souvent dans l’aisance financière. Le fait qu’autant de personnes se trouvent dans l’impossibilité de couvrir leurs frais de subsistance sans s’endetter davantage et les nombreuses incertitudes qui planent toujours montrent à quel point la province se trouve dans une situation délicate», explique M. Lachance.

Moins de trois Québécois sur dix (27 %, +4 points) croient pouvoir joindre les deux bouts sans devoir s’endetter davantage en cas de bouleversement dans leur vie, comme un changement dans leur situation familiale (27 %, -4 points), le décès d’un membre de la famille immédiate (22 %, -5 points) ou encore une perte d’emploi, une baisse salariale ou s’ils devaient occuper un emploi saisonnier (24 %, -5 points).

«La pandémie a bouleversé la vie financière de milliers de ménages de différentes manières: nombreuses sont les perturbations qui n’avaient pas été prévues et auxquelles personne n’était préparé. Toute dépense inattendue ou diminution de revenu produit un effet boule de neige pour ceux qui étaient déjà à court d’argent, et les pousse à emprunter davantage pour boucler leur budget», affirme M. Lachance.

D’un autre côté, en raison des taux d’intérêt historiquement bas, près de six répondants sur dix (57 %) sont d’avis que le moment est bien choisi pour faire des achats qu’ils ne pourraient se permettre en d’autres temps. En effet, les Québécois (60 %) sont plus enclins que les résidents des autres provinces à dire qu’ils sont moins stressés de s’endetter qu’en temps normal. C’est peut-être pour cette raison qu’ils sont moins nombreux (19 %) à perdre le sommeil en raison de soucis financiers découlant de la COVID-19 (-9 points depuis juin dernier) ou de la récession (17 %, -5 points).

« Les taux d’intérêt peu élevés tendent à donner un faux sentiment de sécurité. Emprunter davantage pour régler ses difficultés financières ne règlera pas les problèmes: une telle approche ne peut que les décupler. »

-Frédéric Lachance

Le sondage fait ressortir les risques d’une grande dépendance au crédit. Les résidents du Québec (50 %) sont les plus susceptibles à affirmer qu’ils redoutent les conséquences de la remontée des taux d’intérêt sur leur situation financière, une hausse importante de 12 points depuis juin dernier. Un répondant sur cinq (20 %) a déclaré souffrir d’insomnie en raison de l’accumulation de dettes personnelles — une hausse de 6 points depuis juin dernier et la plus importante par rapport aux autres provinces. Ils sont presque aussi nombreux à se demander comment régler leurs factures (14 %, -2 points) ou subvenir aux besoins essentiels de leur famille (13 %, +1 point).

Selon M. Lachance, la honte et l’orgueil poussent souvent les personnes lourdement endettées à faire traîner leur situation pendant trop longtemps. Certains doivent même se soumettre à des mesures de recouvrement draconiennes ou subir des arnaques liées à l’allègement des dettes, ce qui leur cause plus de stress et de nuits blanches.

(Source : MNP)