Considéré comme un des immeubles commerciaux les plus emblématiques de Salaberry-de-Valleyfield, l’édifice Dion est mis en vente par son propriétaire.
L’immeuble de trois étages, dont le rez-de-chaussée est occupé par des commerces, est en vente au coût de 5,5 M$ plus taxes, ce qui correspond approximativement à son évaluation municipale.
Selon le courtier immobilier Mushtaq Sardar, le propriétaire, Shazad Khan, possède l’immeuble depuis plus d’une quinzaine d’années et a décidé de le mettre en vente puisqu’il prend sa retraite.
D’autant plus que les deux étages supérieurs sont inoccupés depuis le déménagement des bureaux de la CNESST au cours des derniers mois.
Selon M. Sartar, le bâtiment demeure en bonne condition et possède un excellent potentiel de possibilités, que ce soit pour des espaces de bureaux, voire l’aménagement de condos, si la règlementation municipale le permet.
Incidemment, « le résidentiel est déjà permis aux étages supérieurs », confirme le maire Miguel Lemieux.
Situé en plein centre-ville, à l’intersection des rues Victoria et Nicholson, l’édifice occupe assurément un endroit stratégique à divers niveaux.
Immeuble plus que centenaire
Construit en 1903, l’édifice Dion était propriété du commerçant Daniel Dion, qui sera maire de la ville en 1922-23. L’immeuble avait été reconstruit après l’incendie qui avait détruit le commerce précédent en 1902.

L’édifice s’inscrit dans le développement du centre-ville de Salaberry-de-Valleyfield vers la fin du 19e siècle, où « les édifices prennent alors du volume, remplaçant les plus petits immeubles de première génération », peut-on lire dans l’Étude de caractérisation patrimoniale de la ville de Salaberry-de-Valleyfield réalisée en 2011 par Guy Mongrain et Julie Allard.
« Ses édifices commerciaux de deux ou trois étages de bonne tenue se laissent en effet observer sans entrave visuelle, de l’ancien canal de Beauharnois, du parc Delpha-Sauvé et de la rue Victoria, laissant ainsi à tous le loisir de contempler ce front de canal d’un peu partout autour de la baie. »
L’édifice a toujours connu une vocation commerciale, à commencer par le «Grand magasin départemental E. Dion» qui était considéré à son ouverture en 1903 comme le plus grand et le plus moderne du Canada en dehors des villes de Montréal et de Québec.
D’autres magasins à rayons s’y sont succédés dans les années 50-60, comme le United Store, entre autres. Un autre incendie majeur avait aussi endommagé sérieusement l’édifice en 1982.

