Le réseau de La Coop fédérée en pleine métamorphose

Le réseau de La Coop fédérée en pleine métamorphose

Crédit photo : Archives - L'Information d'affaires Rive-Sud

Un texte de Julie Mercier – Collaboration spéciale de La Terre de chez nous

La Coop fédérée, «la dernière grande coopérative canadienne présente dans l’approvisionnement à la ferme», nage en pleine consolidation de son réseau. Baptisé Vision 2020, l’exercice sans précédent vise à «gagner en agilité commerciale».

Tout l’automne, les dirigeants de la Coop ont sillonné la province dans le but de présenter ce projet, qui découle du constat «qu’année après année, il y avait dégradation des performances financières des coopératives», explique son président Ghislain Gervais.

Vision 2020 se divise en deux volets. Le premier consiste en une consolidation du réseau, lequel passera d’une quarantaine de coopératives agricoles à six ou sept grandes coops régionales. Le deuxième cible la mise en place d’un partenariat de coentreprise entre la Coop et ses affiliés. Il s’agit en fait d’un changement au modèle d’affaires traditionnel grossiste-détaillants, qui permettra de mieux servir les producteurs sans intermédiaire et de ne prendre qu’une marge au lieu de deux, indique M. Gervais.

Cette transformation vise à assurer la pérennité et le développement des coopératives en région.

«C’est une remise en question de nos façons de faire. C’est une projection dans le futur. Il y a des consolidations dans plusieurs marchés. Si on veut continuer à faire de la croissance pour les producteurs, il fallait qu’on réagisse plutôt que de mettre en péril le futur de l’organisation, souligne le dirigeant. On est les gardiens d’un patrimoine.»

Ghislain Gervais donne l’exemple de La Coop Atlantique dans les Maritimes, «qui n’a pas su s’adapter» et qui a fermé ses livres en 2015.

Pour le président, le but de cette métamorphose ne consiste pas nécessairement à atteindre de meilleurs résultats financiers.

«On n’a pas mis de chiffres. On vise beaucoup plus l’agilité», précise-t-il.

Néanmoins, lors de la dernière assemblée générale annuelle de la Coop en février 2018, M. Gervais avait fait état «d’économies annuelles récurrentes de plusieurs millions de dollars», au terme de l’exercice.

Sur le terrain

En pratique, Vision 2020 formera des géants coopératifs. Dans plusieurs régions, les regroupements ont déjà commencé. Ainsi, le groupe coopératif Vivaco est né de la fusion de La Coop des Bois-Francs et de celle des Appalaches en novembre 2015. Vivaco est la deuxième plus importante coopérative du réseau, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 400 M$. En avril, les coops Agrodor, Agrivert, Profid’Or et Univert ont formé pour leur part La Coop Novago.

Finalement, dans l’est de la province, la Société coopérative agricole de la Rivière-du-Sud, la Société coopérative agricole La Seigneurie, le Groupe coopératif Dynaco et Unicoop sont regroupés depuis octobre au sein d’Avantis Coopérative, ce qui amène cette dernière au premier rang du réseau avec un chiffre d’affaires consolidé de plus de 500 M$. La nouvelle coopérative est présente dans les régions de Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale, de la Mauricie, des Laurentides, du Bas-Saint-Laurent et au Nouveau-Brunswick.

Rassurant

Jusqu’à maintenant, la réaction à ce changement en profondeur est bonne, assure Ghislain Gervais. D’ailleurs, Vision 2020 ne prévoit pas de perte d’emplois.

«Étant donné la pénurie de main-d’œuvre à laquelle nous sommes exposés, nous avons besoin de tout le monde. C’est un vaste chantier pour lequel on mobilise beaucoup de ressources», affirme le dirigeant.

Il salue du même souffle le travail de collaboration entre les administrateurs des différentes coopératives qui se sont assis ensemble pour «faire le constat que le modèle actuel est rendu à sa limite» et voir «comment on peut demeurer pertinents pour nos membres».

Son organisation se préoccupe du sentiment d’appartenance.

«On met sur pied un mécanisme d’animation de la vie associative pour s’assurer que les gens en région savent ce qui se passe au sein de leur coopérative. On ne veut pas se dénaturer par ce projet-là. On veut rester proches de nos valeurs, de notre identité coopérative et continuer à être pertinents pour nos membres», conclut Ghislain Gervais, qui promet que le niveau de services sera maintenu.

 

CHRYSALIDE

Le chantier Vision 2020 fait suite à une autre métamorphose de La Coop fédérée et de son réseau. En 2008, l’organisation avait lancé une vaste réforme de son modèle d’affaires, connue sous le nom de Chrysalide. Ce projet visait notamment à obtenir des économies d’échelle, à éliminer les doubles coûts associés à la structure fédérative de même qu’à moderniser les structures informatiques de son réseau.

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