Le producteur de cannabis bio TGOD met en vente ses installations de Valleyfield

Par Mario Pitre
Le producteur de cannabis bio TGOD met en vente ses installations de Valleyfield
Les immenses serres développées par TGOD sont mises en vente. (Photo : Archives)

Dans un communiqué publié le vendredi 19 février, le producteur de cannabis biologique TGOD annonce qu’il met en vente son site de production situé dans le parc industriel de Valleyfield.

L’entreprise indique qu’elle a retenu les services d’un conseiller en immobilier commercial pour identifier les acheteurs potentiels pour son site de Valleyfield , axé sur la serre principale hybride de pointe. Plusieurs offres sont envisagées et la transaction pourrait entraîner une vente totale ou partielle du site, fait-on savoir.

« Le paysage canadien du cannabis a évolué depuis la légalisation, tout comme nos besoins immobiliers. Avec notre passage à la partie à valeur ajoutée de la chaîne de production, les grandes installations de culture en intérieur telles que Valleyfield ne sont plus nécessaires pour continuer à développer notre entreprise », a déclaré Sean Bovingdon , directeur financier et directeur général par intérim de TGOD.

« La vente d’une partie ou de la totalité de la serre se traduira par une réduction significative des coûts d’exploitation tout en fournissant des capitaux pour réduire la dette et réinvestir dans de futures opportunités de croissance, y compris des considérations aux États-Unis », poursuit-il.

Pour TGOD, l’approbation des sites de culture en plein air est venue changer le paysage du marché canadien du cannabis, alors qu’environ 450 acres de terres ont été utilisées pour la culture de cannabis en extérieur en 2020.

Ce changement a perturbé les plans d’affaires de nombreux producteurs autorisés et a engendré des excédents.

« Sur la base des prévisions actuelles du marché, la principale serre de TGOD à Valleyfield pourrait être, pour la bonne offre, monétisée pour permettre à la Société de poursuivre sa voie vers la bonne taille et des opérations rentables. » La Société demeure toutefois déterminée à maintenir une partie importante de ses activités, y compris la fabrication de tous les produits 2.0, au Québec.

Un projet pourtant prometteur

Cette annonce apparaît comme une douche froide quant aux espoirs que suscitait l’implantation de TGOD à Valleyfield. Un investissement qui a grimpé à quelque 180 M$, une phase 1 qui prévoyait la construction d’une serre de 820 000 pieds carrés mais qui a déjà débuté par la construction d’une serre de 289 000 pieds carrés, pour une capacité de production de 65 000 kg de cannabis.

Le projet laissait voir l’embauche de quelque 300 travailleurs, mais s’est limité à une centaine seulement.

La lenteur du marché à prendre son envol a forcé l’entreprise à réduire sa production. Dans un plan stratégique dévoilé en octobre 2019, TGOD a choisi de réduire ses prévisions de production afin d’éviter des surplus d’inventaire et d’affaiblir la valeur de son produit, en attendant que le marché du cannabis atteigne sa vitesse de croisière.

En 2020, l’entreprise réorientait sa production vers les produits dérivés.

Des emplois pour la transformation

Cette annonce n’inquiète pas outre mesure les autorités municipales car elle ne devrait pas avoir un grand impact en ce qui concerne le nombre d’emplois créés. Selon le maire Miguel Lemieux, l’entreprise a assuré que ses activités de transformation seraient toutes concentrées à Salaberry-de-Valleyfield.

«Ce n’est pas dans les serres, mais dans la partie usine que devait être créés la très grande majorité des emplois. La vente partielle ou totale des autres installations devrait quant à elle très bien cadrer avec la volonté du gouvernement d’augmenter de façon massive la production d’aliments en serres. Que ce soit des légumes ou du cannabis qui y pousse ne change rien pour nous», a fait valoir le maire.

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