Lanctôt Couvre-sol Design : Innover de génération en génération

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Par Valérie Lessard
Lanctôt Couvre-sol Design : Innover de génération en génération
:Marc-Olivier Lanctôt, directeur marketing et ressources humaines, Denis Lanctôt, président, et Francis Lanctôt, directeur des opérations chez Lanctôt Couvre-sol Design. (Photo : Andrew Clark)

Durer en affaires n’est pas facile. Le faire dans une entreprise familiale comporte son lot de défis, que la famille Lanctôt relève avec brio depuis maintenant 136 ans. Entrevue avec Denis Lanctôt, président de Lanctôt Couvre-sol Design, ainsi que Marc-Olivier et Francis Lanctôt qui seront la 5e génération à diriger prochainement la compagnie spécialisée en couvre-planchers.

Comment fait-on pour durer dans un monde et un marché en constante évolution ?

Denis: Il ne faut pas avoir peur de s’adapter. C’est le secret.

 Francis: Notre histoire le résume bien. Le magasin général serait mort aujourd’hui s’il était resté un magasin général. Puis c’est le petit magasin de liquidation de tapis et de prélart qui serait mort aussi, s’il n’était pas devenu un détaillant plus spécialisé, avec des designers sur place.

Marc-Olivier :Un détaillant qui serait mort demain s’il n’introduisait pas le marché en ligne, s’il ne bonifiait pas son offre en ajoutant les escaliers et comptoirs.

Quels seront les défis pour la 5e génération ?

M-O.L : On recule de 15 ans, c’était des ventes à vue sur des palettes avec un entrepôt de béton. Maintenant la présentation c’est un enjeu extrêmement important. On prend contrôle sur la mise en marché des produits pour préserver notre image de marque, valoriser le produit au maximum. Tout ça demande des investissements massifs. Ça nécessite des investissements en temps pour réfléchir à la manière de mettre en valeur ces produits-là. La mise en marché, qu’elle soit web ou physique, demande beaucoup plus de temps et d’attention qu’avant. Sinon le produit ne se vend pas.

F.L :Tout change plus vite. Les modes, les tendances changent plus vite.

D.L : Gérer les inventaires c’est plus compliqué.

F.L : Le marketing, c’est une forme de compétition. Tu peux compétitionner avant même que le client entre chez vous. Tu compétitionnes dans le Publisac, dans la radio, sur le web et sur les médias sociaux.

M-O.L : On compétitionne avec le réno-déco. Si quelqu’un considère changer son salon, il va faire soit ses planchers, soit de la peinture ou changer ses meubles. Peut-être les trois en mêmes temps ou deux des trois.

Comment les technologies de l’information influencent-elles votre secteur d’activité?

M-O.L : Ça a transformé la visite dans le sens où les outils technologiques sont plus utilisés dans le cadre de la préparation. Le client pré-magasine et il fait de l’idéation. Ça va servir également au moment où il va entrer en magasin. Les conseillers sont appelés à travailler avec ces choses-là.

F.L : Le marché en ligne, dans nos catégories de produits est plutôt faible, mais on l’adresse quand même. On se prépare. Personne n’achète de la céramique sur Amazon, mais on aura un site transactionnel bientôt pour être prêt à cette éventualité.

D.L : On ne veut pas être les derniers.

Est-ce que c’est encore important que Lanctôt couvre-sol Design soit à Saint-Isidore?

 D.L : Oui. Je pense qu’il y a une notoriété associée à l’endroit. Le nom et l’endroit, ça va ensemble. Et aussi, au niveau des coûts. Tu prends le même magasin, la même dimension que ça nous prend, parce que c’est volumineux, et tu déménages ça sur un boulevard. Ça ne coûterait pas le même prix.

Comment on se démarque dans un milieu compétitif ?

M-O.L :Les gens, quand ils achètent chez nous, ils disent qu’il y a une familiarité. Il y a des gens qui apprécient ça.

 D.L : On est capable d’aller chercher la confiance des gens avec la façon dont on sert les clients.

En tant que Lanctôt qui comptez prendre la relève de l’entreprise, ressentez-vous une pression de poursuivre l’histoire d’une compagnie familiale qui fonctionne bien ?

F.L : J’ai remarqué avec le temps que la fierté se transforme tranquillement en pression. Je suis fier d’être la cinquième génération d’une belle entreprise, qui a un historique et des valeurs qui me ressemblent. Il y a 130 ans d’ancienneté, ce serait l’fun que ça continue !

Y-a-t-il un plan concret pour la passation de la relève ?

D.L : Oui. Le processus de relève est enclenché. Le volet humain, ça fait un an qu’on travaille dessus, entre autres avec du coaching de la relève. En 2020, on va tomber plus dans la mécanique de la transaction. Tout le côté légal, fiscal, transactionnel. Tout cela se fera progressivement.

Le fait de travailler avec plusieurs générations a-t-il un impact sur l’entreprise ?

 D.L : C’est sûr. Moi le site web, ça ne pressait pas tant que ça de le changer, mais ils avaient raison.

M-O.L : Pour moi c’était urgent.

 D.L : C’était urgent. Mais ça a pris eux autres (la relève) pour me le faire réaliser.

F.L : Et même à plus petite échelle. Marco et moi on a neuf ans de différence. Les médias sociaux, pour moi, ce n’est pas le même intérêt et la même vision que pour lui.

L’entreprise en chiffres

1883 :Joseph-Aimé Lanctôt reprend les rênes du magasin général à Saint-Isidore.

1903 :Introduction des couvre-planchers parmi les produits vendus

90 : Aujourd’hui la compagnie compte 90 employés

2 : deux succursales : Longueuil et Saint-Isidore

(Source Lanctôt Couvre-sol Design)

 

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