Grandir dans la décroissance !

Grandir dans la décroissance !

La fromagerie lambertoise l’Échoppe des fromages fête ses 25 ans. Depuis que Max Dubois a repris l’entreprise fondée par son père, en 1998, il a vu son chiffre d’affaires quintupler. Le célèbre fromager de s’applique maintenant à faire des choix plus «verts» dans sa production, une décision en accord avec ses valeurs et son besoin de changer le monde, une étape à la fois.

À la création de l’entreprise, en 1990, on y offrait évidemment du fromage, mais aussi des sandwiches. Depuis, une salle a été aménagée pour accueillir les clients. Le restaurateur y offre maintenant des croûtes chaudes au fromage fondu, des plateaux de dégustation et toutes sortes de mets fabriqués à partir de produits régionaux. Depuis cinq ans, il a décidé de limiter ses dépenses, pour offrir plus de produits à sa clientèle, à moindre coût.

«Pour moi, la décroissance, c’est le profit. C’est une structure économique qu’on devrait étendre à l’économie générale», dit-il, d’un ton assuré. Idéaliste dans l’âme, le commerçant se félicite d’avoir éliminé l’utilisation du plastique dans l’emballage de ses fromages, une économie annuelle de près de 20 000$, qu’il voit comme la «décroissance des choix irresponsables».

Un accord de libre-échange favorable aux petits

Max Dubois est d’avis qu’avec l’accord de libre-échange avec l’Europe, à terme, le marché canadien sera inondé de fromages européens, ce qui sera favorable aux petits joueurs comme lui. Il croit que la diminution de la consommation des fromages d’Europe, combinée à l’augmentation de la production québécoise, favorisera les fromagers du Québec. Augmenter la consommation de fromages européens en haussant l’accessibilité aux entrées des quotas est de la poudre aux yeux, selon lui.

«Harper a réussi à passer un sapin aux Européens. Il voulait vendre de la viande et a réussi en leur disant qu’on ferait entrer plus de fromages. Mais le besoin n’est pas là, les Québécois veulent manger du fromage d’ici.»

Prenant l’exemple des fromages suisses, dont les prix augmentent à cause du libre-échange, le commerçant croit que les fromages européens seront bientôt plus dispendieux que les fromages québécois.

Ramener des investisseurs dans le village

Avec la présence de plusieurs locaux vides sur la rue Victoria, M. Dubois souhaite que les élus lambertois mettent sur pied un projet qui ramènerait davantage de jeunes professionnels au centre-ville. Il aimerait que les dirigeants s’inspirent de l’ancien maire de Québec,  Jean-Paul L’Allier, qui a su revitaliser plusieurs espaces industriels désaffectés, au profit des jeunes entrepreneurs et familles de la région.

«Par la suite, les cafés et les galeries sont apparus grâce à des installations qui ont permis notamment à des artistes à faibles revenus d’accéder à la propriété. À Saint-Lambert, il manque cette faune-là.»

Malgré l’annonce récente de la construction d’un mégacomplexe commercial à Montréal, il croit que l’achat local continue de progresser dans la tête des consommateurs.

«Les gens veulent de plus en plus faire leurs courses à pied et acheter des produits locaux. On voit tranquillement renaître les petits commerces spécialisés, ça revient.»

Grand défenseur des petits producteurs fermiers du Québec, Max Dubois anime aussi des dégustations de fromages  pour venir en aide à plusieurs fondations et organismes; notamment Tel-Jeunes, la Société Alzheimer, La Traversée et des écoles de la région.

«J’ai décidé de ne pas faire de politique, car j’ai plus de pouvoir comme homme d’affaires. Je peux transformer le monde en m’investissant dans le milieu communautaire.»  

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