post-format-video
Actualités

Faute de relève, la Bobine souriante à Saint-Constant ferme

lundi le 24 mai 2021
Modifié à 12 h 09 min le 26 mai 2021
Par Vicky Girard
Claire Lachapelle se donne corps et âme depuis une quinzaine d’années à l’atelier de couture la Bobine souriante à Saint-Constant. Pour des raisons de santé et puisqu’il n’y a pas de relève pour prendre les rênes de son commerce, elle doit mettre la clé dans la porte le 23 juin, non pas sans un pincement au cœur.  Même si son médecin lui a conseillé d’arrêter l’année dernière, Mme Lachapelle dit avoir été incapable. À ce moment, l’une de ses employées a fait face à un cancer et a dû quitter. «Est ensuite arrivée la COVID-19. On a fermé trois mois d’abord, puis tout a refermé en décembre. Elle est en rémission et est revenue à deux jours par semaine, mais entre-temps, mon autre employée s’était trouvé un nouvel emploi», détaille-t-elle. De plus, la crise sanitaire a diminué les activités de l’atelier et a fait perdre beaucoup d’argent à l’entreprise, explique la femme de 61 ans. «Il y a moins de gens qui travaillent. Nous, on fait des altérations de vêtements, donc si personne n’en achète, on perd de la clientèle», ajoute Mme Lachapelle. Bien que plusieurs couturiers et couturières se soient réinventés durant la pandémie, notamment avec la confection de masques, celle-ci affirme que cela n’était tout de même pas assez rentable pour éponger les pertes engendrées. Elle vend présentement du matériel de son magasin, dont des machines à coudre. Mme Lachapelle doit notamment débourser pour l’assurance chômage d’employés qu’il y avait à couvrir durant la crise sanitaire. «Là, ce que je fais, c’est que je travaille pour payer. Je dois puiser dans mon compte personnel pour y arriver», partage-t-elle avec une pointe de tristesse dans la voix.
«Les gens ne savent plus coudre. Certains viennent ici en voulant jeter leurs vêtements déchirés. Ça m’attriste.» -Claire Lachapelle
Communauté La Bobine souriante accueille des clients de partout dans la région. «Il y a en qui viennent des limites de Lacolle, d’autres de Verdun, de l’Île-des-Sœurs, Longueuil et Brossard, entre autres», souligne-t-elle. Les commerces autour de l’atelier, dont ceux où les employés portent des uniformes étaient également des habitués. «Ils tombent des nues. Les magasins qui vendent du linge donnaient aussi ma carte. Ils se demandent ce qu’ils vont faire. Il n’y en a plus de couturières qui donnent un bon service rapide comme moi», estime-t-elle. https://www.dailymotion.com/video/x81cu28 60 heures par semaine Mme Lachapelle ne cache pas être fatiguée. Présentement, elle doit travailler 60 heures par semaine avec des problèmes de santé. «Je ne suis plus capable, admet-elle. J’ai tous les coussins du cou affaissés. Je suis restée bloquée pendant un mois et demi, ce n’était plus juste un torticolis. Le médecin m’a dit que si je continuais, je ne marcherais plus dans deux ans. Sauf que quand tu as une boutique ouverte, il doit y avoir quelqu’un.» Tout laisser derrière s’avère être difficile. «Là, je l’ai accepté un peu plus, mais j’ai beaucoup pleuré. J’avais peur de faire une gaffe», partage-t-elle. La couture va lui manquer, reconnaît Mme Lachapelle. Elle compte poursuivre à la maison à temps perdu, mais ne veut plus avoir un horaire comme celui qui la consume présentement. Faux espoir  Une personne s’est manifestée pour reprendre le local de la boutique. Il s’agissait toutefois d’un individu anglophone, fait savoir Claire Lachapelle. «Je lui ai dit qu’il serait dans un milieu francophone, mais il aurait pu louer l’endroit. On a discuté de la vente du fonds de commerce, mais ça n’a pas fonctionné. J’aurais pu lui vendre un inventaire. Finalement, je ne pouvais pas attendre», raconte-t-elle. Mme Lachapelle espérait tout de même pouvoir passer le flambeau à quelqu’un pour que son atelier reste en vie.

Connectez-vous afin de pouvoir ajouter des commentaires

Connectez-vous