La mise à jour économique dévoilée par la ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, le 30 novembre, ne laisse pas indifférent au Québec.
L’Union des municipalités du Québec
L’UMQ signifie son appréciation quant à la volonté du gouvernement fédéral de maintenir le cap vers de saines finances publiques, malgré un déficit budgétaire de plus de 382 milliards $ prévu pour 2020-2021. L’UMQ a toutefois rappelé l’importance de continuer à stimuler la relance de l’économie par des investissements structurants et ciblés dans toutes les régions, comme le prévoit le Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19.
«Plusieurs mesures annoncées aujourd’hui sont intéressantes pour les municipalités, particulièrement en ce qui a trait à l’aide aux entreprises. Le nouveau programme de crédit pour les secteurs durement touchés, comme le tourisme, l’hébergement ainsi que les arts et la culture, est bienvenu et répond au Plan de relance économique municipal de l’UMQ. L’annonce d’un financement additionnel de 12 milliards $ en nouveaux prêts sur sept ans pour accélérer la construction de logements locatifs abordables constitue également une bonne nouvelle, mais il ne faut pas perdre de vue que la priorité est de développer le parc de logements sociaux. Les besoins sont gigantesques partout au Québec. Au cours des prochains mois, l’UMQ invite le gouvernement fédéral à s’asseoir avec les municipalités du Québec pour élaborer un plan de relance fédéral qui réponde aux besoins et aux réalités de toutes les régions», déclare la présidente de l’UMQ, Suzanne Roy.
L’Union a également souligné les mesures pour le secteur aérien, qui a été particulièrement touché par la pandémie.
«Les aéroports régionaux ont été durement impactés par la crise de la COVID-19. Pour plusieurs régions, il s’agit d’un service essentiel pour assurer la mobilité des personnes avec le reste du Québec et du pays, en plus d’agir comme levier nécessaire pour stimuler la relance économique et touristique. Les aides financières visant à créer de nouvelles initiatives en transport aérien régional et à aider les aéroports à gérer les conséquences financières de la réduction des voyages aériens sont bien accueillies», ajoute le premier vice-président de l’UMQ, président du Comité sur le transport aérien de l’Union et maire de Gaspé, Daniel Côté.
Fédération des chambres de commerce du Québec
La FCCQ demande que les gouvernements s’assurent que les sommes budgétées se rendent sur le terrain rapidement. En effet, de nombreux entrepreneurs attendent avec impatience les sommes qui leur permettront de se relever et de permettre au Québec de retrouver sa vigueur économique.
«Les mesures annoncées ont de quoi rassurer les entreprises de certains secteurs qui ont besoin d’un coup de pouce. Cela dit, il faudrait s’assurer que les sommes promises aujourd’hui soient versées rapidement et qu’une attention particulière soit portée pour les secteurs en plus grande difficulté. On constate des oubliés dans les secteurs aériens et touristiques. En période de crise, les gouvernements ont la responsabilité d’intervenir dans leur économie pour atténuer les impacts et préparer le redémarrage», déclare Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.
Le gouvernement propose d’accroître le taux maximal de subvention salariale à 75 %, et de prolonger l’application de ce taux jusqu’au 13 mars 2021. La FCCQ croit que cette prolongation était importante pour les entreprises qui subissent toujours les conséquences de cette deuxième vague et des pertes de revenu importantes. En plus de clarifier et de simplifier l’accès à cette aide, la FCCQ demande au gouvernement fédéral d’assurer la continuité de ce programme d’aide autant que possible, selon les besoins et les secteurs économiques qui nécessiteront l’accès aux subventions salariales au-delà de l’échéancier fixé à ce jour.
En plus des enveloppes réservées aux aéroports en région et aux transporteurs régionaux, la FCCQ se réjouit de constater que le gouvernement fédéral aidera les projets de transport en commun dans les grands aéroports pour 500 M$, particulièrement pour réaliser la gare du REM à l’aéroport de Montréal. Toutefois, ces sommes nécessaires doivent être disponibles pour que le projet se concrétise à l’intérieur des délais.
Par ailleurs, la FCCQ rappelle que les grands hôtels québécois ont vu leurs clientèles de voyageurs internationaux et de congressistes pratiquement disparues depuis le mois de mars. Pour elle, ce secteur important de l’hébergement touristique est encore trop souvent laissé de côté dans la crise actuelle.
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
La FTQ retient de l’énoncé économique l’effort d’Ottawa pour lutter contre la pandémie de la COVID-19 en injectant des milliards de dollars pour soutenir l’économie canadienne ainsi que les travailleurs.
«Nous avons bien hâte de connaître les détails du plan de relance économique et espérons que l’allocation de ces sommes sera conditionnelle, entre autres, au maintien, à la sauvegarde et à la création d’emplois et à la lutte contre les changements climatiques. Cependant, nous déplorons l’absence d’aide substantielle pour relancer des secteurs importants de l’économie canadienne et québécoise dans le transport aérien, en aérospatiale, ainsi que pour les travailleuses et travailleurs de l’hôtellerie. Ce sont des milliers d’emplois qui ont été perdus depuis mars dernier et on ne voit pas un retour à la normale avant plusieurs mois, si ce n’est plusieurs années. C’est urgent, il faut agir au plus tôt», explique le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.
«Il faut également dénoncer le refus d’Ottawa de bonifier les transferts en santé aux provinces alors que la pandémie a entraîné une hausse des besoins dans le réseau. Bien que la santé soit de compétence provinciale, Ottawa doit faire sa part», ajoute le secrétaire général qui salue par ailleurs la décision d’Ottawa de finalement percevoir la TPS sur les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft).
«En même temps, le fédéral qui espère récupérer 1,4 milliard sur 5 ans en investissant contre l’évasion fiscale manque carrément d’ambition, on espérait mieux. Le gouvernement aurait pu profiter de l’énoncé économique pour concrétiser la mise en place d’un programme d’assurance médicaments public et universel», conclut le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.
Manufacturiers et exportateurs du Québec
MEQ est d’avis que l’énoncé économique présenté par le gouvernement du Canada apportera un soutien à court terme aux entreprises manufacturières québécoises. Toutefois, les manufacturiers peuvent contribuer davantage à la relance économique en y jouant un rôle clé.
«Le secteur manufacturier peut jouer un rôle clé pour stimuler l’économie canadienne. Nous l’avons démontré, au pic de la pandémie, alors que plusieurs manufacturiers québécois se sont mis à fabriquer des équipements de protection. Les entreprises manufacturières ont la capacité et la volonté de créer des emplois de qualité, bien payés, auxquels la ministre Freeland a fait référence dans son discours», affirme Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ qui offre sa collaboration au gouvernement fédéral afin d’établir des programmes et des mesures qui permettront au secteur manufacturier de contribuer pleinement à la relance économique. Ils ont la capacité d’offrir des emplois de qualité, bien payés.
MEQ est d’avis que la bonification de la subvention salariale d’urgence et de la subvention d’urgence du Canada pour le loyer est une bonne nouvelle pour les manufacturiers. En effet, plusieurs se prévalent déjà de ces aides et cette hausse leur donnera davantage d’oxygène.
MEQ accueille avec ouverture les mesures pour favoriser une plus grande participation des femmes à la relance économique. L’Association travaille à mettre en place des mesures visant à favoriser l’attraction ainsi que la rétention des femmes en emploi, notamment dans le secteur manufacturier.
On voit également d’un bon œil les investissements dans les infrastructures qui pourront avoir des retombées positives sur les manufacturiers québécois et leurs fournisseurs. Néanmoins, le gouvernement du Canada doit s’assurer d’exiger qu’il y ait du contenu canadien dans les projets d’infrastructure. Les entreprises manufacturières québécoises doivent pouvoir avoir leur juste part, et ce, tout en respectant les accords internationaux de libre-échange.
MEQ croit que le gouvernement du Canada doit porter une attention particulière à certains secteurs qui ont été davantage affectés par la pandémie et qui ont besoin d’un soutien direct et structurant, comme celui de l’aéronautique. L’Association déplore qu’il n’y ait pas de mesure à cet effet dans l’énoncé économique.
Réseau FADOQ
Le Réseau FADOQ déplore vivement que le gouvernement fédéral se défile une fois de plus en n’annonçant rien pour les aînés. La plus grande organisation d’aînés au pays s’attendait à ce que le gouvernement Trudeau annonce minimalement une bonification de 10 % de la prestation de la Sécurité de la vieillesse (SV), à tout le moins pour les personnes de 75 ans et plus, une promesse des libéraux lors de la dernière campagne électorale.
«C’est absolument inacceptable que le gouvernement laisse tomber encore une fois les personnes âgées, dont plusieurs sont dans une situation financière pitoyable, qui a en outre été aggravée par la pandémie», déplore la présidente du Réseau FADOQ, Gisèle Tassé-Goodman.
