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Dorion-Île-Perrot : une alliance citoyenne pour obtenir une vraie autoroute 20

le mercredi 29 mai 2024
Modifié à 11 h 48 min le 30 mai 2024
Par Yanick Michaud

ymichaud@gravitemedia.com

Les maires ont déjà signé la pétition et il est possible pour tous les citoyens touchés de le faire chez les commerçants ou en ligne au cours des prochains mois, jusqu’à la mi-août. (Photo Journal Saint-François - Yanick Michaud)

L’alliance des citoyens pour une vraie autoroute 20 à Dorion/Île-Perrot évalue que la situation est devenue insoutenable pour la population, les utilisateurs de la route, mais aussi et surtout pour les commerçants du secteur.

« Il y a des répercussions profondes sur notre vie quotidienne, les retards, le stress, la frustration. Nous voulons donc faire bouger les choses en créant ce groupe citoyen déterminé à faire bouger les choses », indique Odette Lalonde, citoyenne qui a pris l’initiative de regrouper des pairs qui en ont plus qu’assez de l’immobilisme qui dure depuis 60 ans dans ce dossier.

« Ça affecte tout le monde dans la grande région, mais c’est aussi un corridor économique entre Montréal et Toronto. C’est inconcevable que l’on retrouve des feux de circulation sur cette voie. Ce n’est pas une véritable autoroute et ça occasionne des problèmes à la sécurité, pour les automobilistes, les piétons. Les rues transversales, tout est congestionné », évalue Pierre Z. Séguin, Dorionnais de naissance qui a vu se développer le secteur et la démographie exploser dans les dernières décennies.

Un appui politique

Les responsables ont donc lancé une pétition en souhaitant recueillir des dizaines de milliers de signatures dans les prochains mois. « Il y a une mobilisation citoyenne derrière ça parce que des gens de partout sont touchés et les différents commerces vont avoir des copies papier de cette pétition que nous déposerons dans quelques mois. Il y a aussi une pétition électronique parrainée par la députée Marie-Claude Nichols », poursuit Pierre Z. Séguin, avocat grandement impliqué dans sa communauté et féru de l’histoire de la région.

Il faut admettre que le mouvement est appuyé par de nombreux politiciens de la région, incluant surtout les maires de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, de L’Île-Perrot, Pierre Séguin et de Pincourt, Claude Comeau. « Nous sommes en appui à ce mouvement. Nous ne serons pas à l’avant parce que nous avons déjà nos démarches, mais les citoyens peuvent compter sur nous », indiquent les maires qui ont apposé leur signature sur la pétition à l’issue de la conférence de presse qui s’est tenue sur la rue Dumont à un jet de pierre de la 20, fortement congestionnée dans les dernières semaines en raison de travaux sur le pont de l’Île-aux-Tourtes à l’autre bout de la Ville.

« Actuellement, ça va bien, mais on est à un accrochage de la catastrophe chaque matin », dit un intervenant qui a vu l’amélioration avec le retour de la gestion dynamique au pont.

Des moments difficiles

Autant les utilisateurs passent des heures sur l’artère en direction du travail, de la maison ou de l’école, mais les commerçants ont eu la vie difficile dans les derniers mois. Euredice Sita, propriétaire de Décor Gâteaux Mtl, vit durement cette non-fréquentation de sa boutique. « Ça fait des mois que je n’ai pas vendu une pâtisserie en vitrine. Heureusement, il y a les commandes pour les gâteaux et autres produits, parce que je ne saurais pas quoi faire. Le loyer, on doit continuer à le payer, il faut entretenir l’endroit, mais les clients sont absents », déplore-t-elle.

Euredice Sita de la pâtisserie Décors Gâteaux Mtl vit des moments plus difficiles et elle appuie fermement le mouvement. (Photo Journal Saint-François - Yanick Michaud)

L’économie locale en souffre. Les services de livraison ne vont plus chercher les commandes quand ils voient l’adresse du restaurant à desservir, les salles à manger sont vides, sans compter les no-shows qui sont monnaie courante. Les employées démissionnent ou d’autres arrivent perpétuellement en retard. « Les gens n’en peuvent plus et il faut absolument faire de quoi et mettre de la pression à Québec. Ce sont les fonctionnaires qui décident du sort maintenant. Les politiciens sont avec nous, mais ça va plus loin. Il faut que les gens dans les bureaux à Québec cessent de nous voir comme une région abandonnée. Ce corridor économique est important pour tout le Québec et nous allons le crier », concluent les intervenants qui ont d’autres actions en tête pour faire vivre leur projet.