Pénurie de main-d’œuvre

Lors de la tenue récente des États généraux sur la main-d’œuvre de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud (CCIRS), divers dirigeants d’entreprises et d’organismes de la région ont soulevé les problèmes vécus dans le recrutement de travailleurs immigrants.

«De façon générale, les chefs d’entreprises observent de grandes difficultés de recrutement de main-d’œuvre, autant spécialisée que non spécialisée, souligne le rapport 2018 de la CCIRS. Bien qu’ils souhaitent accueillir les employés immigrants dans les meilleures conditions, plusieurs facteurs de ralentissement se dressent au travers de leurs initiatives.»

Selon le rapport, la bureaucratie est trop élaborée dans les deux paliers de gouvernement, les employeurs ont de la difficulté à comprendre le CV des personnes immigrantes, et ces dernières sont souvent surqualifiées pour occuper des emplois techniques.

Un des critères d’immigration est d’avoir un haut niveau de scolarité, mais ce critère n’est pas nécessaire pour des emplois non spécialisés. Plusieurs nouveaux arrivants acceptent donc des postes moins spécialisés, mais selon les employeurs, nombreux sont ceux qui quittent leur emploi dès qu’ils ont obtenu leur équivalence de formation et se sont bien intégrés au marché du travail.

Bloquées à l’ambassade
Des entreprises de liaison ont également fait part à <@Ri>L’Information d’affaires Rive-Sud<@$p> de récentes difficultés à accueillir des travailleurs, notamment dans le domaine du transport.

Selon la présidente de Relation Internationale Canada Linda Bouchard, les candidats rencontrés se qualifient pour obtenir un permis de travail renouvelable de deux ans et remplissent les critères d’embauche. Au moment de franchir les douanes, certains d’entre eux se buttent cependant à l’ambassade canadienne qui refuse leur demande, semble-t-il par manque de garantie que ces travailleurs retourneraient dans leur pays une fois leur visa échu.

Cette situation se serait produite à quelques reprises aux ambassades du Togo, du Bénin et même de la France.

«Ça retarde encore plus les livraisons des compagnies de transport à qui nous avons promis des camionneurs, affirme Linda Bouchard. On demande seulement à ce que les règles soient assouplies aux ambassades lorsque les travailleurs répondent aux critères.»

«Les demandes de permis de travail sont évaluées au cas par cas en fonction des faits particuliers que présentent le demandeur, indique de son côté l’attaché de presse d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada Mathieu Genest. Les demandes sont examinées de façon uniforme et en fonction des mêmes critères, peu importe le pays d’origine du demandeur.»

L’immigration serait la réponse
Selon le rapport de la CCIRS, l’immigration serait la clé, à court et à long terme, afin de combler la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans la région et ailleurs en province.

Afin de faciliter l’accès à l’emploi aux immigrants, les employeurs suggèrent entre autres d’alléger les procédures pour les employés immigrants et de raccourcir les délais; de créer un guichet unique en main-d’œuvre immigrante – un genre de «centre de triage» pour les employés et un autre pour les employeurs – afin de faciliter le jumelage; de reprendre un programme appliqué au milieu agricole et de le transférer à d’autres domaines d’emploi; d’octroyer des permis de travail rapidement pour permettre aux immigrants une arrivée fluide et proactive; de faciliter le renouvellement de permis de travail; et de favoriser le mentorat et l’accompagnement en entreprise pour les immigrants.

Ils expriment également un besoin d’être mieux soutenu au chapitre du recrutement et de l’intégration.

Travailleurs immigrants: critères à respecter
Afin de pouvoir obtenir son visa de travail, le candidat immigrant doit:

  • prouver qu’il quittera le Canada lorsque son permis de travail arrivera à expiration;
  • prouver qu’il a suffisamment d’argent pour retourner dans son pays et pour subvenir à ses besoins et à ceux des membres de sa famille durant son séjour;
  • respecter la loi et ne pas avoir de casier judiciaire;
  • ne pas représenter un danger pour la sécurité du Canada;
  • être en bonne santé et avoir fait l’objet d’un examen médical, s’il y a lieu;
  • ne pas envisager de travailler pour un employeur «inadmissible» figurant sur la liste des employeurs qui ne répondent pas aux conditions applicables;
  • ne pas avoir l’intention de travailler pour un employeur qui, sur une base régulière, offre des services de danse nue ou érotique, des services d’escorte ou des massages érotiques;
  • fournir à l’agent tous les autres documents nécessaires pour démontrer qu’il a le droit d’entrer au Canada.