La ministre Hélène David a annoncé ce matin à l’Assemblée nationale que les travaux de démolition de la maison Boileau ne débuteraient pas avant le 29 avril. Ce délai d’une semaine permettra au ministère d’analyser le demande de classement du bâtiment, déposée le 7 avril.
Mme David répondait à une question posée la veille par la porte-parole de l’opposition en matière de culture, Véronique Hivon, lors de la période de questions. La députée péquiste s’est dite peu rassurée de cette réponse, puisque la ministre n’a pas annoncé son intention de classer le document.
«L’intention de classement est à un autre niveau. Il faut analyser le dossier sérieusement», a rétorqué la ministre, rappelant que 11 maisons patriotes sont classées dans le secteur et que la maison Boileau est extrêmement dégradée.
Selon la Loi sur le patrimoine culturel, la ministre dispose d’un délai d’un an pour rendre une décision finale sur le classement des biens, une fois émis l’avis d’intention.
Entente avec les propriétaires
La ministre a discuté mardi soir avec le maire de Chambly, Denis Lavoie, qui lui a transmis le dossier complet. Le maire a ensuite demandé aux propriétaires de la maison d’attendre jusqu’au 29 avril avant de procéder à la démolition, même si le permis a été délivré vendredi dernier, ce qu’ils ont accepté. Le conseil municipal a entériné la résolution permettant la démolition lors de la séance du 5 avril.
«Les propriétaires sont conscients qu’il s’agit d’un dossier sensible, a mentionné le maire. Quant à la Ville, nous avons toujours dit que nous serions présents pour appuyer le ministère, si le gouvernement devait s’impliquer.»
Compétence provinciale
En entrevue au Journal de Chambly, la députée Véronique Hivon a martelé qu’il fallait «arrêter l’hémorragie.»
«En matière de patrimoine, nous sommes toujours en situation d’urgence ou de crise. Et avec le manque d’argent, la protecion du patrimoine devient un problème plutôt qu’une opportunité, se désole-t-elle, soulignant que la ministre a le pouvoir de donner du temps pour étudier le dossier. Il est minuit moins une.»
Pour le maire de Chambly., «le patrimoine est une compétence provinciale. L’argent vient d’où? C’est ça la question.»
Le maire affirme toutefois être en train de travailler sur un plan pour que ce genre de situation ne se produise plus. «On va essayer de dégager des sommes et de trouver de nouveaux revenus. Mais notre portée sera toujours limitée.»
