CaSA, une entreprise qui fait les choses différemment

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Par Maryanne Dupuis
CaSA, une entreprise qui fait les choses différemment
Martin Fassier (à droite), en compagnie de ses associés Patrick Pépin, Catherine Chicoine et Mario Sergi (Photo : Denis Germain - L'Information d'affaires d'ici)

En créant leur entreprise en 2014, le chef de la direction et cofondateur de CaSA Martin Fassier et son acolyte Patrick Pépin ont allié l’Internet des objets et l’intelligence artificielle afin de proposer une nouvelle solution de contrôle des charges électriques. L’entreprise, qui fabrique tous ses produits à son usine de Saint-Mathieu-de-Beloeil, «a changé la manière dont l’électricité est générée, distribuée et consommée».

Q Pouvez-vous tout d’abord nous expliquer ce que fait CaSA?

R CaSA sert d’intermédiaire entre les usagers et les opérateurs de réseaux électriques pour gérer la demande en électricité. Concrètement, on fait l’agrégation de plusieurs petites charges électriques importantes pour la maison – chauffage électrique, chauffage de l’eau et recharge des autos électriques. On collectionne ces charges pour les rendre disponibles à l’exploitant de réseau afin qu’il puisse moduler la demande de puissance en électricité en fonction de sa disponibilité. Ce que bien des gens ignorent, c’est que dans la notion d’énergie, la puissance est très importante.

Q Quels sont les avantages pour les consommateurs?

R Côté chauffage, les thermostats de plinthes électriques vont communiquer entre eux pour réduire le gaspillage et les programmations inefficaces, ce qui permettra aux consommateurs d’être proactifs dans leur consommation d’énergie. Il y a une économie qui est directement liée à la relation avec le produit. Au deuxième degré, on a une tarification dynamique, donc, qui varie selon l’heure de la journée.

Q D’où est venue l’idée d’offrir ce service?

R La genèse de CaSA est un peu compliquée, mais elle se résume à un besoin exprimé par ma mère, il y a plus d’une dizaine d’années, soit celui de contrôler son chauffage à distance. Au fil des conversations et des rencontres, cette réflexion a mené à la conclusion que l’enjeu électrique dans les climats nordiques ne concernait pas le coût de l’électricité, mais plutôt la puissance. Donc, comment contrôler la puissance qu’on utilise à un moment précis dans le temps.

Q Comment votre projet s’est-il concrétisé?

R En 2014, on a été les premiers à créer un thermostat Wi-Fi pour les plinthes. Ensuite, en 2016, on s’est associé à Giant, le plus gros manufacturier de chauffe-eau au Canada, pour déployer notre contrôleur de chauffe-eau, encore une fois une exclusivité. Et normalement, d’ici 2020, on devrait sortir le chargeur d’automobile électrique, qui est l’autre grosse dépense énergétique dans les maisons canadiennes.

Q Quelles technologies ont été nécessaires pour développer vos produits?

R Puisque ce n’est pas aussi simple qu’un thermostat connecté à l’Internet, on a dû exécuter des algorithmes pour établir les stratégies qui allaient permettre de stocker l’énergie sans que ce soit au détriment du confort des usagers. On a utilisé de la propriété intellectuelle qui a été développée à l’Université de Sherbrooke et à l’école Polytechnique de Montréal. On travaille aussi depuis quatre ans avec le laboratoire de ressources naturelles Canada (CanmetÉNERGIE).

Q Qu’est-ce qui différencie CaSA des autres entreprises énergétiques?

R Pour le consommateur, il y a des produits qui entrent en compétition avec les nôtres; il existe d’autres thermostats connectés à Internet, par exemple. Ce qui différencie CaSA, ce n’est pas le matériel, mais le logiciel. Notre plateforme est bâtie spécifiquement pour les besoins des compagnies électriques. On n’a pas pris un produit de consommateur pour l’élever au niveau d’un produit de réseau électrique; c’est plutôt l’inverse. Et on a créé la seule plateforme d’Internet des objets certifiée par CSA (Cybersecurity Verification Program) au Canada.

Q Avez-vous des projets de croissance à l’international?

R Déjà, plus de la moitié de nos ventes sont faites aux États-Unis. Les marchés de la Norvège et du Royaume-Uni – où on a d’ailleurs maintenant une présence – sont aussi très intéressants pour nous. On n’est pas nécessairement intéressé à développer le plus de produits possibles. On a surtout développé les produits là où il n’y en avait tout simplement pas.

Q Qu’est-ce qui est particulier avec le Québec?

R Il y a très peu d’endroits dans le monde qui vivent ce qu’on vit au Québec; on a l’électricité la moins chère au monde. On a donc une relation ou un comportement qui n’est pas orienté vers l’optimisation. Je pense que les démarches des opérateurs de réseaux électriques pour une tarification dynamique vont aider les gens à prendre conscience que leurs comportements peuvent avoir un impact, autant d’un point de vue économique qu’environnemental.

 

Changement de carrière

Martin Fassier et Patrick Pépin, les deux associés cofondateurs de CaSA, étaient tous les deux directeurs techniques au Cirque du Soleil, plus spécifiquement à la Fondation OneDrop, lorsqu’ils ont décidé de développer leur entreprise.

«Quand on a eu l’idée, on a décidé d’aller jusqu’au bout, révèle M. Fassier. Notre carnet de contacts et notre expertise en terme d’organisation et de structure de projet nous ont servis.»

«On avait derrière nous la philosophie de livrer l’impossible; ça nous a certainement aidé à créer notre entreprise, souvent d’une façon peu conventionnelle», ajoute-t-il.

CaSA, qui vient tout juste de fêter son 5e anniversaire, emploie aujourd’hui 18 personnes à temps plein.

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