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Trucs pour investir à la bourse

Bourse : la pêche en eau profonde ou prendre des petits poissons à répétition

mardi le 05 avril 2022
Modifié à 0 h 00 min le 02 avril 2022
Par Hugo Bélanger

hugo@hugobelanger.com

Cubes d'indices boursiers. (Photo Deposotphotos)

Deux importantes philosophies d’investissements s’opposent à la Bourse. Il s’agit de deux approches, deux gestions de risques fort différentes. Regardons les deux.

La pêche en eau profonde

Une action peut subir une très grosse chute de prix. Souvent, après une importante montée, sa valeur peut facilement diminuer de 50 à 80%. Par exemple, elle part à 100$ à son plus haut et chute à 20$.

Certains voient là une aubaine. Warren Buffet est un modèle de cette approche, celle d’acheter une action quand elle est au plancher ou, du moins, quand son prix et ses ratios sont bas. L’action pourra juste rebondir, n’est-ce pas? (Non, ce n’est pas toujours vrai).

Dans le jardon des investisseurs, on parle ici d’acheter le fond (bottom) voire même buy the dip (acheter au plus creux). La conclusion de cette approche est que personne ne sait pas si le fond a été touché. Le prix de l’action pourrait descendre encore. Mais quand on s’approche du fond et que le marché revient à la hausse, on remarque souvent de fortes hausses. Si l’action passe de 20 à 100$, on parle ici de 400% de rendement, ce qui peut être très rentable.

Autre enjeu à considérer avec cette approche; c’est loin d’être certain que l’action va remonter. L’histoire nous dit que les actions qui subissent des baisses de plus de 30% à la suite d’une correction du marché ou d’une autre forme de correction auront plus de difficulté à retrouver leur prix d’origine. Ça demeure toutefois possible, mais cela peut prendre du temps, soit des années, voire des décennies. C’est donc une approche risquée, mais qui peut être très payante.

Pêcher des petits poissons à répétition

L’autre approche est d’acheter une action quand elle est dans un point de confirmation, c’est-à-dire dans un prix idéal au point de vue technique selon l’analyse graphique. Et quand on fait un profit convenable – d’environ 20% par exemple–, on s’en départit et on passe à la suivante ou on décide de la garder en misant plus loin avec elle, tout en la surveillant pour ne pas perdre ses profits.

Cette approche est basée sur des statistiques. Un investisseur qui achète une action et que son prix baisse ensuite de 3 à 5% doit la vendre. C’est qu’il n’a pas acheté au bon moment. Et quand elle monte de 20%, il doit la vendre. En combinant trois succès de 20% chacun de suite, son rendement composé s’élève à près de 100%.

Cette approche demande plus de surveillance et d’analyse des points d’entrée et de sortie. Et, évidemment, personne n’aura un taux de succès de plus de 50% avec cette méthode, mais si quelqu’un coupe ses pertes rapidement et qu’il réalise des profits de 20%, son niveau de risque est bien. Il s’établit à 3:1, soit trois points de gain pour un point de perte. À long terme, c’est très payant de réussir des petits profits à répétition sans grosse perte.

Les enjeux de cette approche sont multiples. Premièrement, il faut faire le tout machinalement, sans se poser de question. Dès que l’investisseur tombe en amour avec le titre et que celui-ci descend pour quelque raison que ce soit, il doit le vendre. Sans y penser. Sans attache. Deuxièmement, il doit trouver le bon point d’entrée pour acheter. Et cela ne veut pas dire quand le prix est bas; c’est souvent le contraire.

Je conclus sur une sage parole de William O’Neil, un de mes mentors.

«Un des paradoxes de la Bourse est que le prix d’une action qui est dans son plus haut aura tendance à augmenter encore et, quand on le trouve bas, il aura tendance à baisser encore.»

Maintenant, regardez-vous devant le miroir et réfléchissez à quel type d’investisseur ou de pêcheur vous êtes. En le sachant et en comprenant les risques des deux approches, vous serez plus performant.