Baisse des taux d’intérêt : le bonheur des uns et le malheur des autres

Par René Vézina
Baisse des taux d’intérêt : le bonheur des uns et le malheur des autres
René Vézina (Photo : Gravité Média)

Bonne nouvelle pour les contribuables américains endettés et ceux qui désirent emprunter: la Réserve fédérale vient de baisser son taux d’intérêt de 0,25%. Pourquoi s’intéresser à ce qui se passe chez nos voisins du Sud? Parce que cette nouvelle est le prélude de ce qui s’en vient ici.

Au Canada, on s’attendait en début d’année à au moins deux hausses du taux d’intérêt pour le deuxième trimestre. Puis, le ton a changé. On ne parlait plus d’une seule augmentation, et maintenant, peut-être plus du tout.

Si les États-Unis baissent leur taux, c’est que le gouvernement appréhende un ralentissement de l’économie. On ne désire pas pénaliser les emprunteurs, ni les entreprises et les contribuables. Aller à contresens de nos voisins serait risqué pour le Canada.

Quels seront les effets de cette diminution du taux d’intérêt?

Les taux hypothécaires vont demeurer bas. Il sera aisé d’obtenir un prêt de 3% d’intérêt sur cinq ans. Une situation qui occasionnera moins de frais pour les acheteurs, en plus de soutenir le marché immobilier. Bref, pour les jeunes ménages et les premiers acheteurs, ce sera le paradis. Et ces derniers sont nombreux sur la Rive-Sud de Montréal à vouloir devenir propriétaires.

Mais, comme toute bonne nouvelle, il y a un aspect moins reluisant.

La moitié de la population du Québec a plus de 45 ans; nous sommes une société vieillissante. Les 65 ans et plus qui demeurent à la maison désirent conserver, dans la mesure du possible, leur propriété. La plupart vivent de revenus fixes provenant des économies qu’ils ont cumulées et investies pour leurs vieux jours, ce qui n’est pas le cas pour les employés de l’État ou de grandes entreprises qui bénéficient de régimes de retraite indexés et généreux.

Avec des rendements de misère de 2% sur trois ans pour leurs placements – ce qui équivaut tout juste au taux d’inflation –, il sera difficile pour la majorité des aînés de conserver leur demeure. La hausse des taxes, du panier d’épicerie, de l’inflation, bref, du coût de la vie en général, vont les obliger à vendre malgré eux pour couvrir les frais qu’on leur impose. Les gens âgés sont perdants dans cette ère de bas taux d’intérêt.

Dans une communauté vibrante où les générations se côtoient, il ne faudrait pas que les aînés disparaissent, faute de pouvoir suivre le courant. Personne n’y gagnerait.

Il y va de la responsabilité des gouvernements de mettre en place des stratégies pour atténuer le choc afin que les grands-parents puissent s’amuser avec leurs petits-enfants chez eux, et non pas forcément dans un CHSLD…

(Propos recueillis par Gravité Média)

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