Baptisée L’inachevée par des élus, des gens d’affaires et un grand nombre de citoyens, l’autoroute 20 fait l’objet d’un nouveau regroupement alors qu’à l’approche des élections générales québécoises, les Vaudreuillois et Soulangeois veulent voir inscrire l’optimisation du tronçon manquant de 7 kilomètres au PQI.
«On nous le promet depuis 60 ans, mais ce tronçon de l’autoroute 20 entre le pont Galipeault et la route Harwood, bien qu’emprunté par 22 millions de véhicules par année est un milieu de vie qui continue d’être traversé», lance Joanne Brunet, directrice générale de Développement Vaudreuil-Soulanges.
On veut un engagement ferme
Chaque année, plus de 21,5 millions de véhicules circulent sur ce tronçon, soit environ 64 000 par jour en moyenne, avec des pointes pouvant atteindre 90 000 passages, en septembre par exemple. Les camions de marchandises représentent un déplacement sur dix. Selon une étude indépendante de Raymond Chabot Grant Thornton, le statu quo pourrait représenter 1,1 milliard de dollars en pertes évitables sur 20 ans.
Réunis mardi matin dans le cadre d’une conférence de presse, élus, gens d’affaires et citoyens ont rappelé l’urgence d’agir pour compléter une infrastructure nationale inachevée depuis plus de 60 ans. Ils désirent que chacun des chefs des partis en course pour l’élection provinciale, traverse le pont et vienne à Vaudreuil-Dorion, afin de constater l’état des lieux et s’engager à inscrire le contournement de la 20 dans le Plan québécois des infrastructures.
«Nous demandons un engagement au prochain gouvernement. De toute manière, les terrains expropriés dans les années 60, appartiennent déjà à Québec. C’est inacceptable qu’au Québec, en 2026, une infrastructure aussi stratégique soit encore inachevée. Les 23 municipalités de la MRC parlent d’une seule voix et le ministère des Transports arrive à la même conclusion, un axe autoroutier ininterrompu s’impose. Il ne manque maintenant qu’une décision politique, inscrire l’optimisation de l’autoroute 20 au prochain PQI», déclare Patrick Bousez, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Rivière-Beaudette.
Rappelons que ce tronçon de 7 kilomètres sur L’Île-Perrot et le secteur Dorion compte une dizaine de lumières de circulation.
Le jour de la marmotte
Pour le milieu économique, les impacts se font sentir quotidiennement. «Il y a un énorme coût en termes de congestion, en temps perdu et en occasions manquées. Nous payons déjà cette autoroute sans en récolter les bénéfices. Les études sont faites, les terrains sont publics, la solution est connue, il ne manque qu’une inscription au PQI», affirme Danie Deschênes, présidente de DEV, mairesse de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot et représentante des maires de l’île Perrot.
Pour les élus, il s’agit du jour de la marmotte depuis 1964. L’autoroute 20 devait être complétée au cours des années 1960. Dès 1964, le gouvernement du Québec procède à des expropriations en vue de permettre sa réalisation. Plus de six décennies plus tard, une portion du corridor demeure pourtant inachevée, ayant créé une cicatrice dans le décor vaudreuillois.
«Dès 1964, le gouvernement du Québec a exproprié des familles et des commerçants pour compléter l’autoroute 20. Soixante ans plus tard, les terrains lui appartiennent toujours, mais le projet n’est pas réalisé. Cet inachèvement a laissé une cicatrice et crée encore aujourd’hui des irritants importants pour notre population et notre développement. Nos familles ont fait leur part il y a 60 ans. Il est temps que le gouvernement fasse la sienne», rappelle Paul Dumoulin, maire de Vaudreuil-Dorion.
Un coût réel pour tous
Les gens d’affaires parlent d’un axe essentiel à l’économie et à la fluidité. Avec une prévision de 3850 travailleurs directs à l’Hôpital de Vaudreuil-Soulanges dès 2027 et une porte d’entrée menant au reste du Canada et aux États-Unis, on ne peut plus se permettre d’attendre. «De nombreux investissements nous échappent. «Nos entreprises réclament depuis longtemps l’optimisation de la 20. La situation actuelle fait fuir la clientèle, retarde les livraisons, fait perdre du temps et créer des enjeux de main-d’œuvre. Les conséquences sur notre économie sont bien réelles», souligne Mélanie Bossé, présidente de la CCIVS.
La mobilisation autour de l’autoroute 20 dépasse désormais le cadre institutionnel. La pétition portée par le comité citoyen Pour une vraie 20 a recueilli plusieurs milliers de signatures, témoignant de l’importance accordée à cet enjeu par la population. «L’inachevée impacte beaucoup nos communautés et cela depuis de nombreuses générations. Notre pétition, a récolté 16 222 noms, des voix qui réclament la même chose, achever la 20. Le projet d’optimisation de la 20 n’est pas l’affaire d’un parti, mais d’un gouvernement. Nous serons là après l’élection pour rappeler cet engagement au prochain gouvernement», conclut Me Pierre Séguin, du comité citoyen Pour une vraie 20.

