Agir pour l’environnement sans décevoir les gens

Par René Vézina
Agir pour l’environnement sans décevoir les gens
René Vézina (Photo : Gravité Média)

La lutte aux changements climatiques est au cœur de la campagne électorale fédérale qui se déroule actuellement. La main sur le cœur, à des niveaux divers, les différents partis multiplient les engagements.

Ici, au moins, on reconnaît l’importance d’agir, contrairement aux États-Unis où l’administration Trump défait les unes après les autres les mesures adoptées par le précédent gouvernement Obama pour réduire les émissions américaines de gaz à effet de serre. Mais encore faut-il que les mesures qu’on nous propose soient à la fois claires, efficaces et conséquentes.

À la pompe, au Québec, on paie un peu plus de quatre cents de plus le litre d’essence pour gonfler le Fonds vert, créé en 2006, alimenté aussi d’autres redevances moins importantes. Son objectif premier: lutter contre les changements climatiques en soutenant des initiatives en ce sens.

Le coffre du Fonds vert est aujourd’hui constitué de quelque 4 G$. C’est noble, mais il faut quand même reconnaître que les 8,3 millions de Québécois – la moitié de la population de l’agglomération de New-York – ne pèsent pas si lourd dans le combat planétaire contre les dérèglements du climat. Or, il faut bien que tout le monde fasse sa part et nous en sommes.

Le problème vient de l’opacité de la gestion de ce fameux Fonds vert. C’est pourquoi le gouvernement Legault vient d’annoncer que le fonds se retrouvera désormais sous le contrôle du ministère de l’Environnement, afin de mieux encadrer ses interventions… et pour éviter – comme ce fut le cas – que des centaines de milliers de dollars servent à réaménager des ailettes des avions d’Air Canada, pour les rendre, théoriquement, moins énergivores!

Par exemple, on veut désormais aider au financement des entreprises «vertes» qui proposent des solutions innovantes pour diminuer ces fichues émissions de gaz carbonique.

Fort bien. Mais il faudra aussi s’assurer d’une réelle reddition de comptes, c’est-à-dire expliquer aux citoyens devenus sceptiques à quoi servent ces sous qu’ils paient de plus à la pompe. S’agit-il seulement d’une ponction de plus ou d’une réelle contribution à la protection de l’environnement?

Surtout, il faut aller au-delà de ces manifestations tapageuses comme, par exemple, bloquer des ponts, qui n’aident certainement pas à rallier l’opinion publique, alors qu’il faudrait surtout améliorer la fluidité du transport pour limiter les embouteillages et les gaz d’échappement.

Je lance une idée ici: si on en profitait vraiment au nom de la Rive-Sud pour proposer des réseaux de transport dignes de ce nom?

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