Aéroport de Saint-Hubert : des snowbirds prennent leur envol vers les États-Unis

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Par Ali Dostie
Aéroport de Saint-Hubert : des snowbirds prennent leur envol vers les États-Unis
Michael Couturier et sa femme (Photo : Gracieuseté)

Depuis le début de l’hiver, et ce, quatre fois par jour, neuf personnes montent à bord d’un petit appareil de Chrono Aviation à l’aéroport de Saint-Hubert en direction de Plattsburgh, pour passer l’hiver aux États-Unis. Au terme d’un vol d’à peine 15 minutes, ils y récupèrent leur véhicule récréatif ou leur voiture, qui a passé les douanes terrestres aux mains de camionneurs de la compagnie Transport KMC.

Ce service attire non seulement des Québécois, mais des résidents de l’Ontario, de l’Île-du-Prince-Édouard et même de Vancouver. «Ce n’est pas autorisé par toutes les douanes», explique le propriétaire de KMC Michael Couturier.

L’entreprise de la Rive-Nord offre ce service aux snowbirds, alors que la frontière terrestre demeure fermée entre les deux pays. En revanche, le transport commercial est toujours autorisé, ce qui explique pourquoi les camionneurs munis de ce type de permis peuvent traverser les véhicules en sol américain.

Une fois qu’ils ont remis les clés du véhicule à son propriétaire, à Plattsburgh, les camionneurs montent à bord de l’avion qui les ramène à Saint-Hubert.

Bien que plusieurs propriétaires de VR aient eu recours au service, ce sont surtout des voitures que transporte maintenant KMC. (Photo: Gracieuseté)

La formule mise sur pied en octobre proposait initialement aux clients de prendre un vol commercial, ce qui impliquait un départ de l’aéroport Montréal-Trudeau et une escale à Washington, pour ensuite atterrir à Plattsburgh. Un petit périple de 12 heures.

En recourant aux services de Chrono Aviation, entreprise établie à Longueuil, KMC réduit à 14 minutes la durée du vol de ses clients. «Et avec la COVID, les gens trouvent ça plus sécuritaire de faire un vol de 14 minutes avec 7 personnes plutôt qu’un vol avec 100 ou 200 personnes», expose M. Couturier.

Les clients qui ont recours à ce service ne se rendent pas tous en Floride, destination prisée des snowbirds québécois. «Certains se rendent par exemple à leur chalet au Vermont», illustre M. Couturier.

«Au début, il y avait beaucoup de VR, mais maintenant, ce sont plus des autos que l’on transporte», ajoute-t-il.

Contourner les règles, légalement

Michael Couturier assure que cette façon de procéder est tout à fait légale.

«J’ai travaillé deux semaines à temps plein, à faire des téléphones, pour obtenir les autorisations de toutes les instances, jusqu’à l’ambassade.»

Il maintient que cette procédure «n’a rien de plus dérangeant» que de livrer des véhicules en Floride, ce que fait aussi son entreprise.

Par ailleurs, dans un contexte où plusieurs chauffeurs, notamment d’autobus voyageurs, sont sans emploi, l’initiative de KMC, qui a fait l’objet de plusieurs reportages, dont dans le New York Times, a attiré l’attention.

«Je reçois une cinquantaine de CV par jour!» témoigne M. Couturier.

Une trentaine de chauffeurs sont mobilisés par ces opérations de KMC. «Trois chauffeurs d’expérience ont monté une équipe spécialement conçue pour ça. J’ai une bonne banque de chauffeurs retraités, semi-retraités ou qui étaient en arrêt forcé en raison de la pandémie», détaille-t-il.

Chrono Aviation a refusé d’accorder une entrevue au Courrier du Sud à ce sujet, référant le journal à KMC, son client.

 

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